La BMW i4 M60 xDrive dispose de 601 ch avec le couple immédiat de l’électrique pour rouler dans un silence royal.

| Marque et modèle | BMW i4 |
| Version/finition | M60 xDrive |
| Prix du modèle essayé | 99 980 € |
| Kilomètres parcourus | 392 km |
| Consommation constatée | 24,5 kWh/100 km |
| Type de moteur | 1 moteur électrique |
| Puissance | 601 ch |
| Couple | 795 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique |
| Transmission | Intégrale |
| Poids à vide | 2 285 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 3,7 s |
| Vitesse maximale | 225 km/h |
Le contexte de l’essai
Chez BMW, après mon premier essai d’i4, j’ai compris qu’il fallait mettre le paquet pour être pleinement satisfait de son automobile. En effet, l’entrée de gamme eDrive35 à 66 680 €, qui ne dispose pas de caméra 360, de régulateur adaptatif, de sièges chauffants ni de toit panoramique, m’avait fortement désappointé sur le rapport équipements/prix. À l’inverse, en sortant de gros biftons, les reproches s’amenuisent fortement. Même si tout n’est pas parfait, voire même possiblement critiquable, on obtient des standards à la hauteur de la réputation du premium allemand.

BMW i4 M60 xDrive, la remplaçante de l’i5 M50 xDrive
Si vous n’êtes pas familier avec la nomenclature de chez BMW, c’est pas grave. Je suis là pour tout vous expliquer. Cette i4 M60 xDrive arrive en phase 2 et remplace la version M50. Dans une logique imparable, le nombre 60 étant plus élevé que 50, la puissance augmente. On passe de 544 à 601 ch. Je trouve ça particulièrement ridicule comme évolution. Sauf que non. Il s’agit surtout d’une amélioration au niveau de l’efficience des moteurs électriques et donc de l’autonomie pour passer de 520 à 551 km WLTP (430 km au mieux avec mon usage).

Cela a surtout pour conséquence d’atteindre le score environnemental minimal (éco score pour les intimes) et donc d’obtenir le Graal : l’abattement fiscal de 70 % sur l’avantage en nature. On parle pour les entreprises. Ce prisme ne m’intéresse pas beaucoup mais il faut aussi comprendre le positionnement d’une bagnole sur le marché. Dès lors, quand je vous annonce 99 980 €, c’est à mettre en perspective avec les offres en LDD. BMW étant le champion du monde en France avec une attractivité imbattable.


La config et le tarif
Donc à ce montant, on a tout, il ne manque rien dans l’habitacle. On a surtout une formidable couleur. Le Velvet Blue métallisé (teinte spéciale BMW Individual à 4 950 €). Particulièrement difficile à capturer en photo, ce coloris, majoritairement violet sombre, passe du bleu nuit à l’aubergine avec des nuances de pourpre et de mauve foncé en fonction du soleil ou de la lumière. C’est très beau.


Ce restylage redessine légèrement la calandre et les feux. Les plastiques noirs aux extrémités doivent sûrement fluidifier l’aérodynamisme et s’avèrent un peu disgracieux. Comme les jantes pleines style 996M bicolores en 19 pouces qui rappellent une plaque d’égout pour les plus moqueurs.


Le plaisir chez BMW
Comme souvent avec BMW, si je ne suis pas emballé par le design des dernières années (ni des prochaines avec la Neue Klasse) (mais à voir la future i3), j’adore toujours être à leur volant, notamment pour leur direction communicative. Exactement le même ressenti qu’avec la Série 2 Gran Coupé, c’est agréable, c’est statutaire. Entre la petite et la grande bourgeoisie, on se sent bien dans ces caisses. Surtout le conducteur qui est le mieux logé.


C’est facile en comparaison des places arrière car l’i4 garde sa ligne de coupé donc avec une hauteur restreinte pour les têtes, un plancher haut (du fait des batteries) et une assise dure d’après mes passagers aux gros grands gabarits. Rien que de voir David peiner à s’extraire, on comprend la mode des SUV avec leur facilité d’accès. Donc cher chef d’entreprise, si vous avez des enfants de 6 à 13 ans (genre plus ou moins l’âge de la puberté et donc de la croissance), c’est bon. Autrement, il ne s’agit aucunement d’une voiture familiale malgré un coffre profond de 470 litres.


La vie à bord dans la BMW i4 M60 xDrive
Il s’agit de mon 9e essai de BMW (sans compter l’i3s) donc je passe rapidement sur les écrans identiques avec beaucoup d’icônes un peu fouillies et le compteur bien lisible. Les coupures de connexion (comme chez Cupra) avec Android Auto sans fil continuent de m’agacer. La caméra 360 fait des merveilles et heureusement avec une saleté de diamètre de braquage à 12,5 m.

La sono Harman Kardon ne me transcende jamais. Rien à redire sur l’assemblage, aucun bruit parasite et les matériaux sont de qualité. On pourrait espérer une simplification pour couper toutes les aides à la conduite (dont l’alerte de vigilance même si le bip est léger) en plus de l’appui long sur le bouton du volant (sans mute) pour l’alerte de vitesse.






La conduite (et les pneus) avec 601 canassons
Attardons-nous sur la conduite. Je rappelle que nous avons une transmission intégrale (comme toutes les électriques ultra stéroïdées) avec ce nom de xDrive et que la puissance passe majoritairement au sol. Même si le launch control peine si les pneus ne sont pas suffisamment chauds. D’ailleurs, sur sol mouillé, les Bridgestone Turanza 6 puent du cul avec du sous-virage immédiat et une trajectoire en crabe dans les ronds-points. Même à faible allure, aucun grip. On aurait aimé des Michelin Pilot Sport S5 comme sur le Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet. Toutefois, cette i4 n’est pas une sportive mais bien une GT. Une formidable GT, on y revient vite.
Même avec les réglages des amortisseurs en sport, la voiture s’écrase trop dans les courbes rapides et les mouvements de caisse se font ressentir à chaque changement brusque. C’est souple et surtout beaucoup trop lourd. Avec 2 285 kg, on ne s’attend à rien mais on est déçu en comparaison du XM, même dans sa petite version 50e de 2 620 kg (!), soudée au bitume. Par contre, pour l’accélération du 0 à 100 km/h en 3,7 secondes et surtout pour les 795 Nm de couple, on n’est pas frustré. Cela faisait longtemps qu’une 100 % électrique ne m’avait pas autant arraché le bide. L’i4 M60 xDrive rentre dans le top 3 derrière la GranTurismo Folgore (1 350 Nm !) et devant la Taycan 4S (710 Nm).


Le silence est d’or en BMW i4 M60 xDrive
Plutôt que de parler des performances chiffrées, allons sur le terrain des performances acoustiques. J’y suis particulièrement sensible. Cette BMW devient l’auto la plus silencieuse jamais essayée à mes oreilles. Une réussite exceptionnelle sur autoroute pour contrer les bruits d’air. On perçoit uniquement le son faible des trains roulants si la chaussée n’est pas lisse. Dans les autres situations, c’est grandiose de quiétude (d’où finalement le choix de boudins moins sonores de 2 à 3 dB que des montes sportives) et ce n’est pas si évident en électrique. Par exemple avec des climatisations bruyantes comme chez Renault.


Au niveau du confort, on doit aussi évoquer les suspensions pilotées. On a vu qu’elles n’étaient pas adaptées pour une conduite (très) engagée. Pour le reste, les irrégularités de l’asphalte se gomment immédiatement. On perçoit un soupçon de fermeté, pour ne pas trop se désolidariser du châssis, comme j’aime.


Les consommations (excessives), les autonomies (variables) et les recharges
Le mode Brake doit s’enclencher à chaque démarrage et il permet de conduire à une pédale (jusqu’à l’arrêt) en relâchant l’accélérateur mais il faut vraiment adapter le rythme contrairement à une Mercedes CLA plus efficace sur ce point. Sans parler des consommations. Sur des trajets urbains et des voies à 90 km/h, on alterne entre 17 et 19 kWh/100 km. Nickel.
Le drame arrive à 130 km/h GPS (pour 135 km/h compteur). Surtout avec un ciel de traîne (dont sûrement du vent ?), la consommation grimpe à 26,6 kWh/100 km. On se croirait en R5 et c’est pas un compliment. Puis si on abuse clairement de son pied droit, on tape même les 37,4 kWh/100 km… Après, je n’allais pas laisser mes purs-sangs à l’écurie. Surtout lors d’un HYF. Au final : 24,5 kWh/100 km pour 392 bornes.


Dotée d’une batterie 84 kWh, l’autonomie varie beaucoup en fonction de son usage. On peut miser sur 430 km. En conduite débile (vraiment débile), on chute à 230 km. C’est toujours plus qu’un Junior Veloce (deux fois moins puissant et aussi deux fois moins cher). Sur autoroute, on aura aussi le même chiffre car on utilise surtout la plage entre 80 et 10 % de batterie. La recharge s’effectuera en 30 min et on tombe à 23 min pour le 20-80 % avec une pointe à 205 kW maximum en DC d’après BMW. Je n’ai pas testé. Uniquement sur une prise renforcée avec un câble de 3,7 kW (puissance affichée à 3 kW) permettant de récupérer 42 km en 3h ou 100 km en 8h30.


En conclusion
Avec cette BMW i4 M60 xDrive parée d’un magnifique violet, on a énormément de puissance et surtout un confort phonique remarquable. Le diamètre de braquage pénalise sa facilité d’usage en milieu urbain. Les suspensions montrent des limites lors d’un usage sportif mais deviennent irréprochables au quotidien et sur les longs trajets. Une GT avec pourtant des consommations excessives dans des conditions autoroutières et avec une habitabilité restreinte aux places arrière. Le voyage s’effectuera surtout seul (ou à deux) avec des prestations dignes de son tarif.

Toutes les photos de la BMW i4 M60 xDrive













































