Ce Jeep Compass e-Hybrid perd la transmission intégrale si emblématique de la marque américaine pour devenir un SUV traction de 145 ch aux normes stellantisiennes.

| Marque et modèle | Jeep Compass e-Hybrid |
| Version/finition | e-Hybrid / Altitude (avec beaucoup d’options) |
| Prix du modèle essayé | 45 090 € |
| Kilomètres parcourus | 2 114 km |
| Consommation constatée | 6,9 l/100 km |
| Type de moteur | 3 cylindres 1,2 l de 136 ch et un moteur électrique de 28 ch |
| Puissance | 145 ch (ex 136 ch) |
| Couple | 230 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique à 6 rapports (e-DCS6) |
| Transmission | Traction |
| Poids à vide | 1 560 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 10 s |
| Vitesse maximale | 193 km/h |
Le contexte de l’essai
On ne le répétera jamais assez, rien ne vaut 15 jours de vacances (ici dans la région Auvergne-Rhône-Alpes entre la Savoie et l’Ardèche) pour tester une bagnole familiale. Dans ce contexte, nulle observation ne peut nous échapper. Bon d’accord, comme je connais par cœur la micro-hybridation de 145 ch chez Stellantis avec la Citroën C4 et l’Opel Grandland, pas besoin de se taper 2 000 bornes supplémentaires en Jeep Compass. Et pourtant, nous allons constater des différences assez flagrantes. J’exagère un soupçon. Quoi qu’il en soit, je remercie Jeep France pour ce prêt longue durée car cela reste rare de pouvoir en bénéficier.


Les moteurs du Jeep Compass e-Hybrid
Comme c’est dans mon propos introductif, allons-y sur la motorisation. Un 3 cylindres 1,2 l (le PureTech mais avec une chaîne et non plus une courroie dans l’huile) de 136 ch. J’en ai ma claque des 3 cylindres. Moi j’ai des goûts de luxe et je veux de la sérénité. Et non une sonorisation de tracteur avec une lourdeur tant phonique que mécanique. À cela s’ajoute un sifflement strident du moteur électrique de 28 ch dans la boîte de vitesses particulièrement marqué à la décélération. Sachant qu’on l’entend aussi à faible allure. Dans ce registre, le son des clignotants parvient également à m’horripiler par sa puissance, surtout marquée côté passager. Un classique chez Stellantis à vouloir réinventer la roue en payant des ingénieurs beatmakers. Au point de devenir un conducteur de BMW à ne plus actionner ce commodo.

Il faut 10 secondes pour atteindre 100 km/h. C’est un SUV familial donc on ne va pas s’offusquer de ce chrono. Nonobstant, en montagne, même pas la peine d’envisager de doubler. J’avais trouvé les performances suffisantes sur le Grandland avec les mêmes 230 Nm de couple. Mais c’était sur des routes planes girondines. En Compass dans l’œil, on doit patienter tant les accélérations peinent. En cause, la boîte auto à double embrayage e-DCS6. Le mode Sport devient obligatoire lors des montées pour trouver le bon rapport, et encore. On manque clairement de fluidité donc d’agrément.


Conduite et confort
Autre grande différence avec le Grandland, le réglage des suspensions. Ici c’est la version confortable avec de la souplesse et malheureusement du roulis. Cela va souvent ensemble. Le châssis engendre du sous-virage trop rapidement. Même les pneumatiques Michelin e-Primacy expriment une souffrance avec les mouvements de caisse latéraux et les limites du train avant. À l’inverse, les dos-d’âne et les aspérités de la chaussée ne posent jamais de problème. C’est très bien de retrouver des boudins de « seulement » 18 pouces. D’autant plus quand les sièges moelleux complètent le tableau avec une assise douillette. Pour les bruits d’air, c’est moyen. Ça passe mais ça reste trop présent à 130 km/h, comme le moulin. La direction ne brille pas par sa précision mais on aura compris qu’on n’a pas une Golf GTI.


La vie à bord
Dans cette finition Altitude à 45 090 € avec quasiment toutes les options (dont le grand toit panoramique qui apporte beaucoup de lumière), on a un habitacle de bonne qualité au niveau des matériaux et surtout de l’assemblage. C’est sérieux comme souvent chez Stellantis sur ce point. On note la molette spécifique à Jeep pour le sélecteur PNRD ergonomique (et non le mini levier plat en métal brûlant au soleil). Même si ce Compass n’est pas un 4×4, on peut s’amuser dans la boue (à pied) puis remonter à bord grâce aux tapis de sol en caoutchouc facilement lavables au jet d’eau.

Malheureusement, on rigole moins avec la connexion à Android Auto sans fil qui tarde souvent à se réaliser automatiquement donc j’ai régulièrement branché mon smartphone avec un câble. L’écran est le même qu’habituellement tout comme la caméra 360. On aimerait plus de modernité. Et revenir à des commandes physiques de climatisation plus pertinentes que celles proposées, car la moitié des réglages se fait par un « go-go gadget au bras » tant les boutons sont éloignés. On apprécie le bouton « voiture » en guise de raccourci pour les ADAS.






Jeep Compass e-Hybrid : style et coffre
Ce Jeep Compass e-Hybrid offre un style classique pour les véhicules européens de la marque américaine avec la fameuse calandre aux 7 nains fentes reprise de la Bruce Willys de 1941. J’aime bien l’ensemble surtout avec cette couleur Pacific Blue et son toit noir (le tout en option à 1 300 €).

Avec un gabarit de 4,55 m, on obtient de l’espace à bord et notamment à l’arrière pour la tête et les jambes. Moins de largesse sur la place centrale. Le coffre correspond parfaitement aux attentes du segment avec 550 litres et jusqu’à 1 561 litres pour y loger de nombreux bagages après avoir rabattu la banquette. Toutefois, on n’arrivera pas à fermer le hayon si on y met un VTT de descente doté de roues de 29 pouces. Rappel utile à tous les aventuriers : vérifiez les horaires de la navette avant de dévaler les pistes.






Consommations médiocres
Contrairement à l’Avenger 4xe ou au Renegade 4xe, ce Jeep traction n’aime pas grimper et ça se ressent sur les consommations : 10,9 l/100 km pour les 39 derniers kilomètres vers la station de Valmorel dont seulement 12 km en lacets. En ville, l’hybridation se montre toujours insuffisante pour bénéficier d’un roulage régulier en 100 % électrique comme chez le concurrent Renault Austral et il faut des parcours à 90 km/h pour tomber à 6 l/100 km.
On atteint 800 km d’autonomie avec ce réservoir de 55 litres. Sur l’autoroute, on tourne à 6,9 l/100 km, soit le même résultat qu’après 2 114 bornes à son volant. Je signale (WhatsApp / Messenger / Telegram – c’est pour le CSA) que l’Espace E-Tech de 200 ch performe à 5,5 l/100 km.




En conclusion
La motorisation micro-hybride pour ce Jeep Compass ne favorise pas l’agrément de conduite à cause des bruits marqués (comme pour les clignotants) entre le 3 cylindres thermique et les 28 chevaux électriques. De plus, les consommations demeurent médiocres par rapport aux autres offres du marché. Les réglages de suspensions souples ainsi que les assises apportent du confort au détriment de la tenue de route avec du roulis et du sous-virage trop présents. Cependant, on peut se consoler avec un habitacle de bonne qualité ainsi qu’un espace pertinent, tout comme son style réussi de SUV familial.

Toutes les photos du Jeep Compass e-Hybrid




































