Dans cette version hybride de 239 ch, le Kia Sportage devrait permettre un usage polyvalent pour les familles. Et pourtant.

| Marque et modèle | Kia Sportage |
| Version/finition | GT-Line Premium |
| Prix du modèle essayé | 50 550 € |
| Kilomètres parcourus | 1 766 km |
| Consommation constatée | 6,8 l/100 km |
| Type de moteur | 4 cylindres 1,6 l de 180 ch + moteur électrique de 65 ch |
| Puissance | 239 ch |
| Couple | 380 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique à 6 rapports |
| Transmission | Traction |
| Poids à vide | 1 665 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 7,9 s |
| Vitesse maximale | 196 km/h |
Le contexte de l’essai
Pour rappel, Kia et Hyundai font partie du même conglomérat sud-coréen. Je vous le précise car je vais commencer par parler du Hyundai Tucson hybride de 230 ch (le faux frère du Sportage) que j’avais testé en juin 2022. À cette époque, c’était mon 12e essai et j’avais été impressionné par de nombreuses qualités (hybridation, puissance et suspensions) et les défauts semblaient davantage occultés. Sa version hybride rechargeable de 253 ch en mai 2025 m’avait déjà moins enthousiasmé (après dorénavant une centaine d’essais) et ce Sportage restylé s’inscrit dans cette même dynamique. Alors oui, il reste des éléments favorables à son crédit. Pour autant, le soufflé semble retomber.

Le Kia Sportage : SUV avant tout
On commence par le physique. Je préférais son style de 2021 avant cette phase 2. Une histoire de calandre et de feux modifiés. Puis aussi de couleur ici car ce Gris Céramique (à 850 €) est d’une tristesse totale, on dirait celui du Symbioz. Ou finalement de tous les SUV gris. Pour le même montant, prenez le Vert Bornéo qui allège énormément les lignes et le rend plus joli. D’autant que les jantes noires de 18 pouces alourdissent son profil.


Par contre, on trouve ce que l’on attend d’un SUV. Installation aisée et surtout de l’habitabilité. J’adore la possibilité d’inclinaison des sièges arrière et encore plus le fait qu’ils soient chauffants. On ne manque jamais d’espace. Le coffre de 587 litres permet de partir en vacances avec de nombreux bagages.




Le drame de la mauvaise insonorisation
Malheureusement, les longs trajets manqueront cruellement de confort phonique. Et je sais de quoi je parle après 1 100 kilomètres d’autoroute entre la région parisienne, la Vendée puis le Val de Loire. Dès 100 km/h, les bruits d’air pénètrent dans l’habitacle et cela devient usant très rapidement. On n’a rien à reprocher aux trains roulants ni au moteur thermique mais uniquement au manque d’isolation avec un pare-brise et des surfaces vitrées latérales trop perméables au vent. Décevant pour le segment même si le Renault Austral arrive à faire pire.


Autrement, en ville et sur le réseau secondaire, on n’est pas à plaindre comme durant la traversée de l’île de Ré. Du fait de son hybridation, on entendra le « youhou » de navette spatiale à l’arrêt. C’est très étrange alors que l’AVAS (avertisseur piétons) se rend parfois audible en marche avant jusqu’à 30 km/h mais pas sur ce Kia. Le bruit de la marche arrière s’avère horrible pour les passants mais aucun son dans l’habitacle heureusement.


La motorisation hybride du Kia Sportage
Sous le capot de notre Kia Sportage, on trouve une motorisation hybride plutôt classique avec un 4 cylindres 1,6 l de 180 ch et un moteur électrique de 65 ch. Le tout donne 239 ch et on perçoit la puissance quand on passe en mode Sport (d’ailleurs, pas de Normal, c’est soit Eco, soit Sport) avec une cavalerie qui se défend convenablement, jusqu’à évoquer un bon agrément.


Avec 380 Nm de couple, on n’aura pas de difficulté pour s’insérer sur les voies rapides. On peut même se faire légèrement coller aux sièges sur les premiers mètres à la sortie du péage avec un 0 à 100 km/h en 7,9 secondes. Le son du moteur thermique n’est pas valorisant et disparaît assez rapidement dès qu’on stabilise sa vitesse. En effet, le moteur électrique prend le relais et apporte des consommations pertinentes.

Les consommations variables du Kia Sportage
Dans les meilleures conditions (villes et péri-urbains), le Kia Sportage démontre la pertinence de son hybridation. On tourne régulièrement à 5,5 l/100 km. Cela me paraît un bon score vu le gabarit de l’auto et son poids de 1 665 kg. À l’inverse, le relevé à 130 km/h de 8,3 l/100 km affole la CB avec le prix élevé (1,95 € le SP95-E10) des carburants en cette période de guerre au Moyen-Orient.


Nous sommes en avril 2026 pour les lecteurs du futur car l’indication de la guerre au Moyen-Orient ne permet pas de se situer dans le temps vu qu’elle perdure depuis deux mille ans. Au final, la moyenne de 6,8 l/100 km après 1 766 bornes peut paraître excessive mais elle reflète surtout les voies rapides durant les deux semaines de roulage. Avec un réservoir de 52 litres, on dépasse les 750 km d’autonomie.


La vie à bord
La grande qualité du Kia Sportage provient des suspensions. Un réglage confort avec un amortissement sans fort débattement. On perçoit le bruit des obstacles/imperfections sur la chaussée mais sans les ressentir dans les lombaires. Pourtant, les sièges ne sont pas spécifiquement confortables. Ils ne sont pas non plus inconfortables. Ils sont neutres. Contrairement au châssis avec trop de roulis. Dès le moindre virage, on penche. Pas forcément énormément mais indubitablement à tous les coups. Si on roule tout droit, ça va.

Je reviens aux sièges pour parler de leur ventilation. Une option plutôt rare et pourtant si appréciable au soleil. Le cuir se refroidit rapidement et cela évite de se cramer le popotin ainsi que les cuisses lorsqu’on revient de la plage en maillot/short. À pleine charge, leur bruit devient légèrement gênant mais au premier niveau, on profite d’un doux flux d’air. Nul besoin de préciser qu’ils sont aussi chauffants (comme le volant) et mémorisables électriquement. Sauf qu’on doit être à l’arrêt pour enregistrer la position.


L’équipement complet
Nous avons (toujours) la chance d’avoir les versions haut de gamme par les parcs presse. En l’espèce, la GT-Line Premium à 50 550 €. Ce qui donne un tarot premium mais loin d’être incohérent sur le marché. Complètement équivalent à son cousin le Tucson.


On a tous les équipements pour le prix dont l’énorme toit ouvrant panoramique (qui offre encore plus de luminosité), l’affichage tête-haute (que je coupe car ça ne m’intéresse pas), la caméra 360 (avec un petit flou autour de la carrosserie) et les caméras dans les compteurs pour afficher l’angle-mort lorsqu’on enclenche les clignotants (même si je garde le réflexe de contrôler en tournant la tête). On note aussi la très bonne boîte automatique à 6 rapports qui se fait complètement oublier par sa fluidité, un gage de réussite.


ADAS et bips : tout est à jeter
On termine par le paragraphe contractuel avec Kia/Hyundai. Le manque de tranquillité. Les aides à la conduite défaillantes ou intrusives et les multiples bips me fatiguent profondément. Je perds patience et de l’espérance de vie avec le bip de la molette pour la marche avant puis le bip pour la molette de la marche arrière. Le bip du hayon électrique. Le bip pour le verrouillage de la centralisation (comme pour le Stonic, j’ai galéré avec le tactile des poignées). Le bip pour l’alerte de vitesse. Celui-là, on peut le couper avec un appui (trop) long sur un bouton du volant. Idem pour l’alerte de franchissement qui s’active tout le temps. Sans parler du bip pendant 20 secondes pour faire une pause alors qu’on vient de commencer notre trajet.
Le régulateur adaptatif freine puis accélère trop fort. Le bel écran de 12,3 pouces ne fait pas oublier les menus nombreux pour tout paramétrer. Bonne nouvelle avec Android Auto sans fil qui ne souffre d’aucune coupure. Un bon son Harman Kardon. Même si les matériaux sont corrects au toucher, on remarque quelques bruits de mobilier par-ci, par-là.



En conclusion
Le Kia Sportage bénéficie des attributs attendus pour un SUV familial en termes d’habitabilité pour tous les passagers. Pour autant, les longs trajets seront fatigants pour les oreilles avec une mauvaise insonorisation sur voies rapides et fatigants pour le cerveau à cause des aides à la conduite intrusives. Les multiples bips cassent aussi les bonbons contrairement aux suspensions bien confortables. On évitera les virages serrés du fait d’un roulis toujours présent. Nonobstant, il demeure attractif grâce à son rapport prix/équipements.

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