Derniers tours en Alpine A110 R70 avec une fin de production pour ma bagnole préférée de tout l’univers.

| Marque et modèle | Alpine A110 |
| Version/finition | R70 |
| Prix du modèle essayé | 127 670 € |
| Kilomètres parcourus | 785 km |
| Consommation constatée | 11,6 l/100 km |
| Type de moteur | 4 cylindres 1,8 l |
| Puissance | 300 ch |
| Couple | 340 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique |
| Transmission | Propulsion |
| Poids à vide | 1 087 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 3,9 s |
| Vitesse maximale | 285 km/h |
Le contexte de l’essai
En 2025, Alpine annonce la fin de la production de l’A110 et profite du 70e anniversaire de la marque dieppoise pour terminer en beauté avec une édition limitée à 770 exemplaires de l’A110 R, d’où le nom A110 R70. En parallèle, l’A110 GTS arrive en mixant le châssis de la S et les sièges confort de la GT. J’ai tenté de réaliser son essai mais sans succès pour l’instant. Quoi qu’il en soit, depuis juillet 2026, terminado l’A110 thermique : plus aucune ne sort des lignes de production normandes.

Je mesure pleinement ma chance de bénéficier à nouveau de 4 jours avec la plus formidable, incroyable et exceptionnelle de mes 178 autos testées. D’autant plus que j’ai dorénavant 4 419 km aux compteurs des 5 Alpine A110. Bien que cela fasse 10 fois moins en comparaison de mes 70 SUV (pour 47 845 km).

Alpine A110 R70
On va voir les 3 différences (minimes) avec la R, donc vous pouvez (re)lire tout de suite son essai de mai 2025 car c’est exactement la même voiture. Cependant, elle arbore des spécificités comme le sigle « A70 » sur les ailes, les seuils de portes gravés avec aussi « A70 » et surtout la plaque (607/770 pour mon exemplaire) sous la console centrale pour rappeler la rareté du bolide.



Il existe aussi des versions avec le carbone entièrement peint en 3 x 70 exemplaires (intégrés aux 770) de la capsule tricolore avec le Bleu Caddy, le Blanc de société Glacier et le Rouge Sismique. Celui qui habille mon modèle. Je préfère le carbone apparent. Vu sa profusion, son prix et sa technicité, autant le montrer. Ce rouge détonne par son originalité car les Alpines ressemblent rarement aux Ferrari. Le Bleu Racing Mat conserve mes faveurs.




Les autres différences entre R et R70
Par contre, cette fois, l’A110 R70 se dote de sublimes jantes Carbonwheels de Duqueine. Le Graal reste celles-ci, asymétriques, présentées en 2022. Mais bon, à 4 000 boules la jante en carbone, on comprend le choix de l’aluminium (comme celles de la Turini). Je vous partage mon soulagement de les rendre immaculées. L’angoisse de péter du carbone sachant son coût exorbitant. Autre particularité, le double échappement Akrapovič en titane. Contrairement à la ligne d’origine, le design diffère et il apparaît bleuté. Clairement plus beau sans pour autant apporter de singularité pour la tonalité.


Dans l’habitacle, on retrouve les seuls harnais, tellement stylés pour la compétition et si peu pratiques pour le quotidien. Surtout si comme moi, on s’arrête tous les 500 mètres pour sortir et réaliser des clichés. Harnaché correctement, la boîte à gants devient inaccessible. Heureusement qu’il n’y a pas de boîte à gants (mais un pack rangement entre les sièges). On pourrait envisager de doubler avec une classique ceinture de sécurité. Ou pas. C’est une R, comme Racing, bon Dieu ! Les sièges passent du noir au gris et gagnent en élégance. Je vous rassure, à l’extérieur, entre l’aileron, la lame avant, le diffuseur arrière, le capot et la lunette, sans oublier le toit, la profusion de carbone impose la sportivité.


Le sport automobile en Alpine A110 R70
Réduire une A110 R70 de 127 670 € à son petit 4 cylindres 1,8 l turbo (ou à ses commodos, son écran et sa caméra de recul des Renault 2015), c’est ne rien comprendre au sport automobile. Celui-ci repose principalement sur la légèreté. Le poids, c’est l’ennemi. Notre Alpine A110 R70 pèse 1 087 kg. Pour 300 ch. Tout est dit. Et contrairement aux Lotus (Elise, 340R ou 2-Eleven), elle bénéficie d’une boîte automatique efficace et surtout plus polyvalente.



Cette EDC (robotisée à double embrayage de chez Getrag) permet de rouler à 70 km/h en 7e et de titiller le rupteur à s’en prendre des à-coups jubilatoires. En mode Track, le passage des rapports avec les palettes au volant devient obligatoire et intensifie les sensations. On accentue aussi le pilotage avec une voiture qui s’adapte progressivement. Tant aux débutants qu’aux experts. Plus on en demande, plus elle en donne. Les courbes s’enchaînent à fond et je ne connais pas ses limites. C’est aussi pour cela que j’aime autant cette caisse. Sa facilité et son agilité. Déjà que le châssis de base est une réussite absolue, les multiples réglages pour la R atteignent la perfection.


La perfection de l’Alpine A110 R70
Entre les barres anti-roulis raffermies de 10 % à l’avant et de 25 % à l’arrière, les combinés filetés ZF Racing réglables manuellement, le tarage des ressorts de suspensions plus ferme de 10 %, la monte semi-slick en Michelin Pilot Sport Cup 2 et surtout les 12,5 kg en moins pour les masses non suspendues sur les trains roulants avec les jantes en carbone, c’est un festival.
Attention toutefois à bien chauffer les pneus (et aussi les freins) pour obtenir les performances escomptées. J’ai vu l’écart après 2h d’autoroute pour arriver dans le Morvan en R et le Hoonited Yvelines Festival après des petits allers-retours en R70. Au freinage, j’ai l’impression de gagner 50 % de distance d’arrêt plus précoce avec la gomme chaude comme la braise. On explose toujours le 0 à 100 km/h en seulement 3,9 secondes avec les 340 Nm de couple.


Consommation et électricité (watt the fuck)
Pour les consommations, j’ai abusé sur les fameuses routes fermées avec 16,3 l/100 km durant 180 km de baptêmes. Les copains en ont eu pour leur argent, surtout que c’était gratuit. Impossible de ne pas partager cette Alpine A110 R70 car c’est la dernière thermique. Nouveau record de conso à 11,6 l/100 km (en 785 bornes), juste devant la session circuit en A110 S et ses 11,5 l/100 km. Dans ces conditions et avec uniquement 45 litres de réservoir, l’autonomie descend sous les 400 km.



L’annonce d’une A110 électrique (à 1 500 kg) ne me fait pas du tout fantasmer car je suis échaudé. Pour le quotidien en électrique, mille fois d’accord (genre une Twingo ou une R5) et même pour les vacances (GLC ou iX3) mais pour une sportive, c’est inimaginable de se passer de légèreté et de sonorité. Votre YouTubeur favori dira le contraire avec son Hyundai Ioniq 5 N de 609 ch et 2 230 kg. Il argue que c’est mieux que le sexe mais il ne connaît pas la jouissance avec deux fois moins de poids. Autrement, c’est sympa une Alpine A290 GTS. Mais 290 fois moins fantastique qu’une Alpine A110. D’ailleurs, je reviens sur mes propos, pour tous les jours (et les voyages avec 196 litres en 2 coffres), je veux une A110 R(70).


La famille en Alpine A110 R70
Pour la première fois, Miss Novichok a découvert les sièges en carbone et leurs harnais 6 points. Elle, qui déteste les voitures basses et ne jure que par des SUV, a eu l’impression d’être un bébé dans un siège auto avec ce système de verrouillage. Puis elle ne comprend pas que je puisse supporter/accepter le bruit du moteur juste derrière les oreilles. Quel bruit ? Il devient pesant sur longs trajets mais autrement, il amplifie l’expérience sensorielle. Comme quoi, l’amour rend aussi sourd.

Mes parents ont eu le privilège de remonter à bord et grande surprise, mon père (75 ans et 103 kg) a réussi à s’en extraire relativement facilement. Contrairement à l’année dernière. Preuve qu’un peu d’activité sur un vélo d’appartement donne ce résultat. J’ai fait la tournée de la famille pour me rendre chez mon oncle, à proximité de Fontainebleau. Après 50 ans à grimper/escalader les rochers et même à 90 ans, il garde sa souplesse et son aisance. Lui qui possédait une Peugeot 406 V6 et quelques autres Audi puissantes, a apprécié la route des 17 tournants à pleine balle, tel un avion. Même si son cœur a mis autant de temps à s’en remettre que la ventilation du moteur.

Dans les petites gênes, on a toujours un bruit d’air à l’arrière gauche du conducteur et un énorme diamètre de braquage de 11,4 m. Tout cela n’enlève rien au plaisir. Surtout quand il n’existe pas de bip à la con, pas de GSR2 (aides à la conduite pourries) ni de bruit de mobilier. Android Auto sans fil fonctionne sans interruption et j’ai même un bouton mute sous le volant. Le rêve.


En conclusion
L’Alpine A110 R persiste et signe comme étant la première bagnole que j’achèterai après mon gain à Euromillions. Ou la vente de quelques organes non vitaux. Pour les ajouts cosmétiques et la série limitée de fin de production, il n’apparaît pas nécessaire de s’offrir une R70. On retrouve toujours un châssis fabuleux, une agilité sensationnelle et un freinage époustouflant. Même bruyante sur autoroute et avec des harnais peu pratiques, il reste possible et primordial d’abuser de cette auto fantastique tous les jours. Et toutes les nuits. Pour toute la vie.

Toutes les photos de l’Alpine A110 R70























































