L’Opel Grandland Hybrid surprend par des qualités inattendues sur ce segment des SUV familiaux mais déçoit sur des fondamentaux.

| Marque et modèle | Opel Grandland |
| Version/finition | Hybrid / GS |
| Prix du modèle essayé | 41 020 € |
| Kilomètres parcourus | 1 950 km |
| Consommation constatée | 6,7 l/100 km |
| Type de moteur | 3 cylindres 1,2 l de 136 ch et un moteur électrique de 29 ch |
| Puissance | 145 ch (ex 136 ch) |
| Couple | 230 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique à 6 rapports (e-DCT6) |
| Transmission | Traction |
| Poids à vide | 1 600 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 10,2 s |
| Vitesse maximale | 202 km/h |
Le contexte de l’essai
Pour mes pèlerinages pluriannuels à Arcachon et particulièrement celui de juin, il n’est pas des plus évidents d’obtenir un véhicule durant 20 jours. Les parcs presse limitent souvent à une semaine. De ce fait, je remercie d’ores et déjà Opel France pour ce prêt. D’autant plus que je m’attendais à bien pire comme essai avec la motorisation hybride de 145 ch. En effet, ma première expérience via la Citroën C4 n’avait pas été réjouissante. Surtout à cause des bruits du 3 cylindres et du moteur électrique. On retrouve ce gros défaut sur le Grandland mais dans une moindre mesure.

Opel Grandland Hybrid : moteurs et boîte
Nous sommes sur le sujet du moteur donc allons-y sur les caractéristiques techniques. Le PureTech 1,2 l ne se nomme plus PureTech (et remplace sa courroie par une chaîne) mais conserve ses 136 ch. Il ajoute une micro-hybridation avec un moteur électrique de 29 ch dans la boîte de vitesses. Celle-ci (e-DCT6) fait merveille par sa fluidité. On ne la remarque pas et on n’y pense jamais. Une sacrée prouesse et très peu de latence dans les situations complexes entre ralentissements et légères réaccélérations. Malheureusement, dans ces phases, on subit la mécanique avec des sifflements permanents. Pour y échapper, une seule solution, le pied au plancher.


Le comportement surprenant
Je craignais vraiment le pire entre les 1 600 kg et les 145 ch. Sauf que finalement, 1 600 kg pour un SUV, de nos jours, c’est pas si dramatique. Si on regarde le chrono du 0 à 100 km/h en 10,2 secondes, on imagine un veau alors que pas du tout. On pousse le vice à passer en mode Sport pour une meilleure réactivité de la pédale de droite et on apprécie les 230 Nm de couple pour s’échapper des ronds-points. Même pour doubler sur des départementales, la reprise ne manque pas. Il ne s’agit évidemment pas d’une fusée mais c’est largement suffisant.
Autre ébahissement, l’absence de roulis. On n’aura pas la précision du châssis de la C4 mais on garde une base sereine avec surtout une direction franche et communicative. J’avais perdu cette sensation après de trop nombreux SUV électriques. D’ailleurs, je suis curieux de vérifier si le Grandland Electric (#Teasing) offre la même direction informative. Pour autant, même en cravachant, on ne parlera pas de dynamisme. Dans les tours, le 3 cylindres devient plus acceptable à l’oreille. Contrairement aux clignotants qui fatiguent avec ce rythme de beatbox.


La vie à bord dans l’Opel Grandland Hybrid
On a listé les qualités de l’Opel Grandland Hybrid et on va ajouter la taille du coffre : 550 litres. Attention, on perd du volume si on n’abaisse pas au maximum le plancher amovible. On peut aussi en gagner en rabattant la banquette arrière pour atteindre 1 645 litres. Les occupants auront suffisamment d’espace mais insuffisamment de confort à cause de sièges sans atout majeur. Comme pour les suspensions, ça n’en devient cependant jamais inconfortable. On aurait légitimement pu espérer davantage de souplesse et/ou de moelleux.




Le gros défaut provient des bruits de mobilier. Miss Novichok a dû pincer puis taper régulièrement la planche de bord passager pour l’empêcher de grésiller. Pour ma part, c’était l’accoudoir central qui grinçait à chaque bras posé. Visuellement, l’habitacle semble présenter des matériaux qualitatifs sauf que ce n’est pas le cas au toucher sur cette version GS (milieu de gamme) à 41 020 €. L’assemblage doit progresser même si la légende raconte que d’un modèle à l’autre chez Stellantis, c’est une loterie. Ce qui ne m’étonnerait pas car je n’avais jamais eu ces problèmes dans l’Avenger ou le Renegade ni même la 600e.


Insonorisation et ADAS
Par contre, c’est fini l’époque des pare-brises acoustiques et d’une insonorisation nickel (comme en 308 ou en Mokka-e) chez le groupe européano-américain. Un écueil préjudiciable lorsqu’on réalise 1 100 km d’autoroute à 130 km/h. Les bruits aérodynamiques sont trop présents et usent lors de longs trajets. D’autant plus quand le régulateur adaptatif freine trop fortement et peine à se relancer correctement.


On évoque aussi Android Auto sans fil qui refuse parfois de se connecter et il faut le câbler pour qu’il veuille bien s’appareiller intuitivement la fois suivante. Heureusement, l’alerte de survitesse se coupe avec une pression longue sur le bouton personnalisable des aides à la conduite. Lorsque le « 360° Surround Vision » se met en place, il aide bien à visualiser le Grandland (ou ses rayures rectangulaires) qui se manœuvre correctement. La sono est bonne et on ne trouve pas de bouton mute sur le volant.


Les consommations médiocres
On parle d’un Opel Grandland Hybrid mais son hybridation se contente d’aider dans les phases de démarrage et d’accélération sans réussir à abaisser réellement les consommations. Nonobstant, c’est à vous de juger : 6,7 l/100 km sur autoroute (à l’aller comme au retour) et 6,5 l/100 km sur des trajets avec de la ville et du 90 km/h. Soit une moyenne finale à 6,7 l/100 km après 1 950 bornes. Finalement comme le S-Cross (6,5 l) sur ces mêmes vacances.
Un résultat médiocre au sens de moyen. J’en attendais plus (enfin, moins d’essence) sur les parcours urbains. Lors de ceux-ci, on profite d’un léger frein moteur en relâchant l’accélérateur sauf qu’on entend trop le sifflement électrique. Avec un réservoir de 55 litres, on dépasse les 800 km d’autonomie alors que ce stupide ordinateur de bord annonce seulement 600 km après le plein.



J’ajoute que l’instrumentation numérique est belle quand elle n’est pas buggée par l’affichage du GPS en surbrillance et que l’écran de 16 pouces fait son possible pour moderniser une interface tactile lente et vieillotte. La couleur Cuivre Impakt (option à 990 €) lui confère une sympathie non négligeable pour un SUV aux banneaux lumineux trop marquées et aux grosses jantes de 19 pouces.



En conclusion
La motorisation de 145 ch sur cet Opel Grandland Hybrid pèche par les bruits du 3 cylindres et surtout du moteur électrique à faible allure avec des consommations médiocres au final. En mettant plus de rythme, on profite d’un comportement sain grâce à un châssis sans roulis (ou presque) et une direction communicative. De plus, la boîte automatique se fait complètement oublier (une grande qualité) contrairement aux bruits d’air sur autoroute et surtout aux bruits de mobilier au quotidien.

Toutes les photos de l’Opel Grandland Hybrid



































