« Montrez que vous êtes arrivés ! » tel est l’adage de ce Ford E-Transit Custom MS-RT, et, d’ailleurs, de tous les des modèles Custom MS-RT de Ford. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est écrit sur le site officiel. J’ai eu la version électrique quelques jours (merci Ford) et c’était franchement cool. Frustrant, mais cool. Mais frustrant un peu, mais grave cool. Oh, et la taille ça compte.
Les hommes lient des relations spéciales avec les utilitaires. Il sert à déménager vers une nouvelle vie, à tourner une page en allant à la déchèterie, à transporter son matos chez un client, à se débarrasser d’une personne gênante, voire à se donner du bon temps au coin d’un bois nommé Boulbi, à l’éclairage d’une bougie. Pour les pros qui bossent avec, il est le binôme sûr. Le poto avec lequel on enfile un sandwich et on siffle une bière, avant de couler celle-ci dans le réservoir d’AdBlue.
Alors quand le pote en question enchaîne les séances à la salle et décide de s’habiller en survet Lacoste X Balenciaga, il a la vision et, par voie de conséquence, vous aussi l’avez dans la vôtre. Votre outil de travail en met plein la vue.

Le Ford Transit Custom MS-RT c’est tout ça. Et dans notre petite aventure, c’est ça, en propulsion et en électrique. De quoi filer la banane à Pikachu. D’ailleurs, il faudrait une collab Pikachu X la bière Chouffe, la Pikachouffe. Plus tard peut-être.
| Marque et modèle | Ford E-Transit Custom MS-RT |
| Version/finition | 320 L1H1 Double Cabine Approfondie 210 kW (282 ch) |
| Prix du modèle essayé | 70 968 € TTC (59 140 € HT) |
| Kilomètres parcourus | 278,1 |
| Consommation constatée | 33 kWh/100 km |
| Capacité de batterie | 71 kWh |
| Type de moteur | Électrique synchrone à aimants permanents |
| Puissance | 210 kW / 282 ch |
| Couple | 415 Nm |
| Volume de chargement (en H1 320 L1 / H1 320 L2) | 3,30 m3 / 4,30 m3 |
| Longueur max de chargement (en H1 320 L1 / H1 320 L2) | 1,604 m / 2,004 m |
| Boîte de vitesses | Automatique à rapport unique |
| Transmission | Propulsion (roues arrière motrices) |
| Poids à vide | 2 400 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 7,4 s |
| Vitesse maximale | 130 km/h |
Historique MS-RT
Beaucoup sur Twitter ont mentionné la feu Ford Focus RS et fantasmé sur un délire des ingénieurs du constructeur américain qui auraient pété un câble un midi, autour d’une bière, avant de la couler dans le réservoir d’AdBlue (toujours pas ?).
J’avoue que j’aurais moi-même voulu y croire, mais non.
L’histoire est récente, puisqu’elle débute en 2015. Edward Davies fonde MS-RT, pour M-Sport Road Technology, en s’associant à M-Sport. C’est le préparateur britannique qui engage les Ford en WRC depuis deux décennies, des Focus et Fiesta jusqu’à l’actuelle Puma Rally1.
L’idée du label : injecter l’ADN rallye dans des véhicules de série, et en particulier dans les utilitaires de l’Ovale Bleu. Une philosophie qui n’a rien de neuf chez Ford, qui aligne ses concepts Supervan à moteur de course depuis 1970, et qui avait déjà flirté avec le mélange des genres en 2006 via le Transit Connect X-Press, un concept animé par le 2.5 turbo de 215 ch piqué, vous l’avez deviné, à la Focus RS.

MS-RT démarre par des conversions du Transit Connect, puis monte en gamme avec le Ranger et la première génération du Transit Custom. En 2021, Ford passe la vitesse supérieure et inaugure un bâtiment dédié à la marque dans son usine historique de Dagenham, à l’est de Londres. 110 salariés pour une capacité de 5 000 véhicules transformés par an. Comem quoi, on peut créer de l’emploi et du fun en même temps.
Les Transit Custom sortent de l’usine turque de Kocaeli, traversent l’Europe, et débarquent à Dagenham pour recevoir le traitement complet : carrosserie élargie, voies élargies, échappement spécifique à double sortie (bon pas ici), et habitacle maison. Depuis le millésime 2024, MS-RT a officiellement rejoint la gamme Ford Pro, au catalogue aux côtés des versions Trend, Limited, Sport et Trail.

Voilà pour l’histoire de la bouteille de lait. Malheureusement, dans notre cas, c’est surtout une préparation esthétique que mécanique. Mais on prend quand-même !
Des versions hybrides, diesel et électriques
La bonne nouvelle, c’est que ce style peut adopter diverses motorisations et diverses puissances pour chacune d’entre elles (136 àou 218 ch dans le cas de la version électrique).

Si notre version est propulsion, sachez que ce fourgon électrique existe en 4 roues motrices mais pas dans la configuration MS-RT. La batterie est identique pour les 3 version avec 71 kWh de capacité


À ceci s’ajoute différents style : fourgon (pour les utilitaires purs), Kombi M1 (pour caser la Mif), cabine approfondie (qui offre 5 places en. 2 rangée et une cabine séparée) et le multicab (qui offre 4 places en 2 rang, mais avec un espace sur la gauche compartimenté).
Une voiture Hot Wheels IRL
J’avais promis aux enfants de revenir avec une voiture Hot Wheels et j’ai tenu parole !
J’avoue qu’à la récupération de l’engin, je n’ai pu m’empêcher d’esquisser un sourire satisfait, devant les yeux ébahis des passants alors que je ne suis pas un plombier fan de Cristiano Ronaldo malgré une addiction au Portugal.

Une expression un chouïa différente de celles des gendarmes lors du Hoonited Festival, qui, après m’avoir vu prendre le giratoire, était à deux doigts d’enclencher le gyrophare.
Vous cherchez à avoir du charisme ? Oubliez la Béhème. Le Ford E-Transit Custom MS-RT, dans cette teinte vert fluo, propulse votre sex-appeal tel Buzz L’Éclair déguisé en Superchargeur.


À propos de sexe à pile, ce MS-RT est disponible en 3 versions : du diesel pour ceux qui livrent loin des yeux et loin du cœur, du PHEV pour ceux qui ont peur de devoir rester trop souvent branchés et une version électrique pour les amateurs de sensations. Car seule la proposition à électrons est une propulsion et ça, c’est beau.
61 k€ HT de plumage, ça fait cher le corps beau
À défaut d’une prépa moteur pour le transformer en dragster (on en est d’ailleurs loin), le Ford E-Transit Custom MS-RT est monté en 19 pouces et chaussé de pneus Goodyear Aigle Sportif sublimé par des jantes anthracite en alliage.
Le bouclier a droit à un diffuseur façon F1. Les ailes ont été élargies et les ouïes peintes d’un noir brillant. La calandre est en nid d’abeille, car le miel est bon pour la santé. Les bas de caisse ont également été redessinés.






Impossible de ne pas évoquer l’aileron arrière, qui gratifie la garde au toit d’une poignée de centimètres pour atteindre les 2,05 m. Poignée suffisante pour m’empêcher d’accéder au parking extérieur lors du Hoonited Festival et, plus problématique, à celui de ma copro. Moi qui voulais enfin charger un véhicule d’essai avec ma borne, je l’ai eu dans le compteur Linky. Ça m’apprendra à écouter le Novichok.
Enfin, les étriers sont peints en bleu afin d’affirmer son style avec mordant.
Un intérieur haut de gamme fait à la mano mais pas dans la vallée de Dana
À l’intérieur du dedans, nous retrouvons plusieurs modifications : sièges en cuir de plastique et volant cousu à la main. Des surpiqûres bleues un peu partout, y compris sur le volant sport chauffant.

La clim automatique est de la partie, comme CarPlay et Android Auto sans fil. Le téléphone a droit à une charge à induction, mais logée tout en bas de la console centrale, comme pour vous empêcher de le toucher en conduisant (GG Ford).



L’écran central est immense, joli, accessible mais lent. L’interface n’est pas un exemple de fluidité non plus. Osef, il faut bosser, pas le temps de caresser une dalle de 13 pouces. Vous chercherez souvent certains réglages. Pensez à un swipe de haut en bas pour faire apparaître les raccourcis, dont celui des aides du GSR2 que vous voudrez désactiver. Celles que vous avez payées avec le véhicule, exactement. Merci L’Europe de ses morts. Le compteur est numérique (c’est un écran quoi) et les graphismes sont fins. En revanche, pour l’ergonomie et la réactivité, on repassera.




La finition générale est tout même deux bons crans au-dessus des utilitaires traditionnels. Ça donne envie de rouler et pour un engin qui est utilisé quotidiennement, ça compte.
On est bien dans ce Ford E-Transit Custom MS-RT
L’insonorisation est très bonne pour ce genre d’engin. Mesurée à 67 dB avec l’Apple Watch à vitesse stabilisée sur autoroute à 130 km/h, c’est appréciable. Puis l’électrique joue beaucoup.
L’espace à bord est colossal et on pourrait presque se rêver à partir en vacances avec, si l’autonomie ne nous restreignait, au mieux, à un changement de département.
La version double cabine qui m’a été confiée offre trois vraies places à l’arrière. Et chacune a droit à une fixation Isofix. Il est ainsi possible d’aller bosser en famille ou avec ses colocataires (Grincheux, Atchoum et compagnie).

L’assise est aussi droite que la justice, mais d’un bon moelleux. La semi-cabine à l’arrière l’est nettement moins, mais a permis de faire entrer 9 personnes sans avoir besoin de les glisser les unes dans les autres. Idéal pour passer les frontières en toute quiétude. Moins pour rentrer une grande planche. Et oublier le toit, les ailerons gênent tout de même beaucoup. En chiffres, c’est un volume de chargement de 3,30 m3 pour une longueur max de 1 604 mm.

Utilitaire oblige, les surfaces vitrées sont imposantes. Mes enfants, surpris, ont découvert le monde qui défile quand on roule. Ça change du toit panoramique qui leur laisse entrevoir les rayons du soleil dans ce qui leur reste de cornée. Et c’est sans compter les deux portes latérales coulissantes, qui rend l’accès simple, même dans des places étroites.
Mais la palme revient à la sono, vraiment réussie et pas seulement pour un utilitaire. C’est puissant, détaillé, propre, tant sur des fichiers Lossless que sur Radio Latina ou Radio Alfa (pas Romeo). Si vous voulez faire péter la compile de Bachata, adoptez un Ford E-Transit Custom MS-RT.
Sur la route, on rit Ford mais c’est trop court
Sur la route, la propulsion est drôle, surtout sur sol mouillé. Mais malheureusement, la puissance est vite limitée. Tenter un 0-100 km/h pied au plancher, c’est être bridé à la prochaine accélération. On voit d’ailleurs la jauge de puissance plafonner à 57 % (donc . Tout dans le style, peu dans le ventre. D’un autre côté, il ne s’agit pas d’un caddie, ni d’une voiture de course. Sauf peut-être à Bricorama ou Leroy Merlin. Mais ne vous attendez pas à la propulsion d’une version Performance. Visiblement, le ramage, loin du plumage, n’est pas propice au drift et aux dérapages.
C’est toutefois plus vif et réactif qu’un mazout ou qu’un PHEV. C’est également, par son architecture logeant les batteries sous le plancher, nettement plus stable que les autres versions à centre de gravité plus élevé et donc une régalade dans les virages (pour un utilitaire, entendons-nous).

Les virages sont un tour de manège, les suspensions manquent de rigidité et le roulis est digne d’un P-51 Mustang en temps de guerre. Mais paradoxalement, le châssis répond présent. Ça penche, mais ça ne plie pas. Les Goodyear de 19 pouces font un bon boulot, même sous la pluie.

Les freins mordent comme un pitbull, en engendrant un basculement immédiat vers l’avant. C’est un utilitaire. Mais dans cette version permettant d’embarquer 5 adultes dans la cabine et 9 dans le coffre, j’aurais aimé un chouïa plus de fermeté. Puis avec un tel look, des combinés filetés pour réduire la hauteur et rentrer dans les parking. Au diable le confort et la charge à transporter.
Toutefois, par rapport à n’importe quel utilitaire que vous pourriez utiliser, celui-ci, par sa batterie au niveau du plancher, sa répartition des masses et sa transmission aux roues arrière, vous confère un petit plaisir de voiture joueuse.

La direction est précise, la visibilité importante malgré des angles morts ramenés à la vie grâce à de super rétros. Une caméra arrière offre un angle panoramique (et une version à 360° est disponible dans un pack à 1600 euros). Collée sur la porte à l’arrache, elle évite d’écraser les gens en marche arrière. C’est important de préserver la vie des gens pas morts logés dans des angles qui le sont.




Franchement, ce n’est pas le van sportif et radical que j’imaginais, mais il est suffisamment fun et joueur pour satisfaire les pros en quêtes d’un peu de fun dans un quotidien trop chiant.
Recharge lente et autonomie anémique
Avec un CX d’armoire bretonne, le Ford E-Transit Custom enfile les électrons comme un hypocondriaque des cachetons. L’autonomie affiche faiblement 200 km. Pour une batterie de 71 kWh de capacité, c’est peu.

Malheureusement, la charge est lente, malgré un pic de 133 kW entre 30 et 40 %. Je vous mets les chiffres parce que ça fait toujours plaisir.
- 30 % – 40 % : 133 kW
- 42 % : 83 kW
- 45 % : 74 kW
- 73 % : 28 kW
- On passe de 10 % à 50 % en 18 min.
- Le 10-85 % prend 38 minutes.
- 50 % = 100 km
L’usage est limité, c’est sûr. Mais si on souhaite développer une approche plus verte et écoresponsable du plaisir en camionnette, il est aussi essentiel que les préservatifs en papier kraft et les bougies à LED d’après les consultants.

La conso de ce Ford E-Transit Custom MS-RT tourne autour des 33 kWh/100 km, pour un kWh à 0,29€ donne 9,57€/100 km. Le diesel est à 12€-14€ pour 100 km. Pour compenser les 20k€ d’écart à l’achat, il faudra parcourir environ 300 000 km en comptant le coût de l’entretien.

Mais le plus ouf finalement, c’est de voir affiché 48 km restants pour 32% de batterie disponibles. Sachant que vous ne ferez jamais ces 48 km.
La vie est trop courte pour ne pas se faire plaisir
Oui, l’autonomie est plus faible que moi devant des glaces gratuites en classe Premium, le site internet est fait à l’arrache sous WordPress, la conso est indécente, la charge est lente, l’espace arrière réduit en double cabine (mais offrant des prises 220V et de quoi transporter 5 adultes de 2m), le format limite l’accès aux parkings et le prix est élevé.

C’est même pas rentable de le prendre en électrique puisque le surcoût sera difficile à amortir compte tenu de la conso.
Mais ce Ford E-Transit Custom MS-RT file la banane. Il vous rend joyeux. Il met des paillettes dans la vie de tous les Kevin Da Silva Costa Dos Santos et il est mis au point avec la tête. C’est un VE qui file plus de plaisir que la majorité des utilitaires thermiques.
Il vous fera aimer conduire un utilitaire. Et ça, ça n’a pas de pri… d’équivalent. J’ai kiffé. J’aurais une société de travaux, j’en aurais un, en orange, en plus d’un second en diesel avec le flocage de ma boîte que j’aurais appelée À Des Blou.


