Chez Renault, le mot Rafale désignait jusqu’ici leur grand SUV coupé un peu chic, taillé pour les familles pressées. Mais à l’occasion du salon Eurosatory (une sorte de Mondial de la Guéguerre), la marque au Losange s’est associé avec les cerveaux de chez Thales pour transformer le fleuron de sa gamme civile en véritable engin de combat. Présenté officiellement sous le nom de Renault 4 TROOP, ce prototype n’a (presque) pas grand-chose à envier à son homologue volant qui fait la fierté de l’armée de l’air…
Un VCMR alimenté à l’IA
Le Renault 4 TROOP est ce qu’on appelle un prototype de Véhicule Civil Multi-Rôles (VCMR). Pour faire simple, Renault a pris l’architecture électronique et la plateforme d’un modèle de sa gamme de série (le fameux Rafale) et y a injecté une dose massive de testostérone militaire.
Sous le capot, on retrouve une motorisation hybride à 4 roues motrices. L’idée ? Pouvoir ramper en mode 100 % électrique pour s’approcher d’une zone de combat en mode furtif, tout en gardant une grosse autonomie pour les longues distances. Le véhicule embarque aussi un système Vehicle-to-Load (V2L) pour alimenter du matos directement sur le terrain. Pratique pour rebrancher sa machine à café en bivouac, mais surtout vital pour recharger des équipements tactiques en mission.
Le Rafale est sûrement le modèle le plus stylé du programme 4 Troop, mais il ne sera tout seul, car comme tout le monde sait : une guerre ne se gagne pas avec que des SUV coupés. Le « VCMR […] s’appuie sur la large gamme des plateformes Renault Group » déclare Franck Naro, Vice-Président Ingénierie, Développement Projets Véhicule & Vie Série, Renault Group à l’image des Master et Trafic dévoilés ce jour aux côtés du Rafale.



Thales inside : Le « geek de combat »
Mais le vrai choc technologique du Renault 4 TROOP, il est à l’intérieur. Thales a transformé l’habitacle en un véritable centre de commandement mobile ultra-connecté. Le machin est boosté à l’Intelligence Artificielle et intègre la « Combat Digital Platform ».
Au programme :
- Gestion et déploiement de flottes de drones et de robots terrestres pour saturer le ciel et le sol.
- Communications tactiques sécurisées et connectivité hybride directement issues de l’environnement SCORPION de l’armée de Terre.
- Outils d’aide à la décision boostés par l’IA pour analyser l’environnement en un clin d’œil.
En tant qu’Ukrainien, la lecture de ce communiqué de presse me fait un effet un peu particulier. On est très loin d’une simple fiche technique qui détaille les dimensions et la motoririsation d’une auto, que je traitais à la pelle jadis.
J’ai de nombreux amis et proches qui se battent ou se sont battus sur le front pour défendre l’Ukraine contre l’envahisseur russe. Sur le terrain, la guerre a radicalement changé : les drones, la guerre électronique et la connectivité ne sont plus des gadgets de salon, ce sont des outils de survie absolue à chaque seconde. Voir un constructeur automobile utiliser des plateformes civiles éprouvées pour être capable de produire vite, à coût maîtrisé et en masse des véhicules connectés et résilients, c’est une approche industrielle pragmatique qui fait cruellement sens aujourd’hui.
En espérant tout de même que les véhicules ultra technologiques de Renault n’aient jamais à être utilisés dans des conditions réelles de guerre. Peace and love, bordel de merde !


