Si vous aimez les histoires de sport automobile un peu tragiques, vous connaissez sûrement la Koenigsegg CCGT originale. En 2007, Christian von Koenigsegg décide d’envoyer sa jeune marque suédoise chasser sur les terres de Ferrari et Corvette aux 24 Heures du Mans. L’auto est légère (à peine 1 000 kg), rivée au sol et dotée d’un V8 atmosphérique de 600 ch. Problème ? Deux mois après les premiers essais, la FIA et l’ACO changent brutalement le règlement du GT1 : fin des monocoques carbone et obligation d’en produire 350 exemplaires par an (contre 20 auparavant). Projet tué dans l’œuf. Fin du rêve.
Enfin… jusqu’à aujourd’hui. Christian a de la suite dans les idées et vient de lever le voile sur la Koenigsegg CCGT1, un hommage roulant qui transforme cette promesse brisée en véritable monstre d’ingénierie.
Une base de CC850 taillée pour la piste
Ne cherchez pas un bricolage du dimanche : la Koenigsegg CCGT1 reprend la plateforme éprouvée de la fabuleuse CC850. Mais ici, exit la sobriété des lignes. Pour coller à l’ADN de la pistarde fantôme de 2007, tout le travail aérodynamique a été poussé au niveau supérieur.
- Appui massif : Un énorme aileron arrière ajustable, un splitter avant proéminent et un fond plat redessiné génèrent 800 kg d’appui à 250 km/h.
- Look de pistarde : Prise d’air sur le toit, canards latéraux et écopes NACA intégrées partout où l’air doit refroidir la mécanique.
- Matériaux de pointe : L’auto réintroduit la fameuse « fibre de carbone blanche » chère à la marque (vue sur la Trevita), désormais baptisée Ghost Fibre.
Et la meilleure nouvelle dans tout ça ? La Koenigsegg CCGT1 reste parfaitement homologuée pour la route ! De quoi aller chercher son pain le dimanche matin tout en collant le cerveau de son passager contre le dossier.


1 600 chevaux et une boîte de vitesses complètement dingue
Sous le capot en carbone, le constructeur suédois n’a pas fait dans la demi-mesure. Le V8 5.0L bi-turbo développe la bagatelle de 1 280 ch au carburant classique, et pousse jusqu’à 1 600 ch et 1 500 Nm de couple dès qu’on le nourrit à l’E85.

Pour faire passer cette cavalerie monumentale aux seules roues arrière, la Koenigsegg CCGT1 utilise la boîte Light Speed Transmission (LST). Cette transmission à 9 rapports ultra-rapide s’accompagne de la commande KSS (Koenigsegg Sequential Shifter) située au plus près du volant. Mieux encore : pour les puristes, le système ESS optionnel permet d’utiliser une vraie grille en H manuelle à 6 rapports simulés. Le beurre, l’argent du beurre, et le bruit du V8 à 8 500 tr/min.
Un « Track Package » pour basculer du côté obscur
Pour ceux qui trouvent qu’une hypercar de 1 600 ch est un peu trop policée pour la promenade, Koenigsegg a pensé à tout. La marque propose pour la première fois un Track Package usine livré à part.

Installable chez n’importe quel distributeur agréé, ce kit transforme la Koenigsegg CCGT1 en une pure arme d’endurance : arceau de sécurité en carbone, baquets HANS, extincteur automatique, vérins pneumatiques intégrés pour les pit-stops et réglages de suspensions radicalisés.
Limité à 70 exemplaires (tous déjà vendus, évidemment), le bijou suédois venge enfin son ancêtre. Le GT1 n’a peut-être pas eu lieu en 2007, mais en 2026, la vengeance s’écrit à 1 600 ch.



