Review

Essai Yamaha Ténéré 700 World Raid : la plus baroudeuseEnviron 11 minutes de lecture

by 28 décembre 2023
Résumé
Marque et modèle

Yamaha Ténéré 700 World Raid

Prix de base

12 799 €

Prix du modèle essayé

Plus de 12 799 €

Moteur

Bicylindre de 689 cm³

Carburant

SP 98, SP 95 et SP 95 E-10

Puissance

54 kW à 9 000 tr/min

Couple

68 Nm à 6 500 tr/min

Boîte de vitesse

6 vitesses

Transmission

Chaîne

Longueur

2 370 mm

Largeur

905 mm

Hauteur

1 490 mm et 890 mm de hauteur de selle

Empattement

1 595 mm

Poids

220 kg tout plein fait

Réservoir

23 L

Km parcourus

300 km

Conso moyenne constatée

4,5 L / 100 km

« Est-ce que je n’aurais pas quelque chose à rédiger sans avoir à bouger de chez moi ? » C’est la réflexion que je me suis fait avec ce froid glacial. Je vous ai donc pondu un mini-article sur le Lego BMW R 1200 GS. Et à présent, je voudrais vous parler de la Yamaha Ténéré 700 World Raid que j’ai roulé au printemps dernier.

Après une dure semaine de labeur, j’avais envie de m’aérer l’esprit. J’ai donc franchi les portes d’un concessionnaire Yamaha afin d’observer les dernières nouveautés. Parmi les véhicules présents dans le showroom, j’avais aperçu l’énorme golgoth sur roues équipé de tout un tas de choses. Elle avait les crash bars, le top case, la selle confort… et même un pot Akrapovič installé dessus !

À force de tourner autour, j’en viens à sympathiser avec l’un des commerciaux. Il m’explique qu’il est possible de louer la machine à la journée. Parfait, ça me permettrait d’essayer la T7 dans sa meilleure version et avec plein d’équipement pour pas trop cher. Voici le résumé de cette petite journée d’essai le long des côtes de Charente-Maritime.

Comment avons-nous essayé la moto ? Nous avons donc loué la Yamaha Ténéré 700 World Raid en même temps qu’un Tracer 7 GT pendant une journée à un concessionnaire Yamaha. Une fois les décharges signées et l’empreinte bancaire laissées, nous sommes partis rouler le long des côtes de Charente-Maritime pendant près de 200 km sur départementales, routes et petits chemins.

Yamaha Rent, un service qui m’a fait kiffer mon week-end

Non, je ne suis pas en train de vous rédiger un article sponso déguisé. Mais comme l’essai s’est réalisé grâce à ce service, je me suis dis que ça valait le coup d’en parler. Qui sait ? Vous aussi, vous aimeriez pouvoir rouler en vacances quelques heures sur une moto sans vous prendre la tête.

Yamaha Rent est donc un service de location proposé par Yamaha. Les tarifs varient selon la durée de la loc’, mais aussi de la cylindrée du véhicule. Cela commence à partir de 39 € par jour pour un scooter 50 cc comme le Yamaha NEO’s, et cela peut grimper jusqu’à 139 € pour un Yamaha MT-10 SP.

La Yamaha Ténéré 700 World Raid (WR pour les intimes) m’a coûté 99 € pour la journée par exemple. En plus de votre équipement à ramener afin de rouler, vous aurez besoin de votre carte bleue pour laisser une empreinte bancaire et votre permis de conduire. Il vous faudra dans quasiment tous les cas pour les motos un permis de conduire de 2 ans minimum et plus de 25 ans. Tous les détails sont disponibles sur le site du constructeur.

L’avantage de passer par ce service, c’est qu’on vous FOUT LA PAIX. De mon expérience, les concessions ne laissent pas les clients s’évader plus de 40 minutes avec les machines neuves. Encore moins avec celles du parc d’occasion, pour des questions d’assurances et autres. Moyennant 100 balles, vous pourrez donc rouler sans pression, avec la seule contrainte de ramener la Yam’ avant la fermeture du magasin (et en bon état bien sûr).

Au sommet de la Ténéré

Pour commencer, je suis assez impressionné par la hauteur de selle de la Yamaha Ténéré 700 World Raid (895 mm). À ce stade, ce n’est plus une moto, mais un cheval ! Je me demande bien comment les gens de moins de 1m80 peuvent grimper en haut de cette T7. Mais bon. Quand on aime, on ne mesure pas, n’est-ce pas ? De mon côté, je parviens tant bien que mal à l’enjamber alors que je fais 1m90. Le Top Case, plutôt pratique au quotidien, s’avère pour le coup hyper chiant. Installé sur la boucle arrière de la moto, il m’oblige à me déhancher encore plus que d’habitude pour grimper, mais aussi descendre.

Aussi, on se concentre avant de débéquiller la bête à cause de son poids haut perché. Je m’y reprends même à plusieurs reprises à cause du positionnement peu commun du cran. Placée généralement près du talon, elle est ici collée vers le milieu de la béquille afin de la rendre accessible. Eh oui, avec un tel débattement, les ingénieurs n’ont pas réussi à faire mieux. Mais là où j’ai fais un véritable acte de foi aura été au moment de m’arrêter.

Pour béquiller la T7, il fallait de nouveau réussir à attraper le petit cran, chose compliquée à faire sans les yeux. Et pendant que je regardais mon pied gauche, le poids de la machine reposait intégralement sur l’autre jambe. Après quelques coups dans le vide, je suis quand même parvenu à déployer la béquille. Mais manque de bol, la plupart des spots qui m’intéressaient étaient sûrs du dénivelé. Autant sur un roadster, cela ne gène pas trop. Autant ici, le moindre centimètre à un réel impact sur l’inclinaison de la moto. Et donc, sur son équilibre à l’arrêt, ce qui devient vite stressant, surtout avec une moto en loc’.

Akrapovič et CP2, un bruit reconnaissable entre mille

Une fois arrivé (et essoufflé) au guidon de la T7, je pouvais enfin détailler ce tableau de bord moderne. Fini l’écran à cristaux liquide de la première génération, et bonjour le TFT 5 pouces (12,7 cm de diagonale d’écran). Positionné à la verticale comme sur les motos de rally-raid, il est parfaitement lisible et surtout simple à souhait. Tom (c’est le nom du commercial) m’avait expliqué qu’il est connecté et (un peu) personnalisable. Puisque le temps était compté, je n’ai pas pris le temps de le bidouiller, surtout si c’était simplement pour avoir les notifications du smartphone à l’écran. D’ailleurs, si Yamaha s’était contenté d’apporter la couleur à son écran comme l’a fait Suzuki avec la V-Strom 800DE, cela m’aurait été amplement suffisant.

Démarrons enfin la moto. Après quelques tours de roue seulement, je m’aperçois très vite que les regards sont portés sur moi. Bon, il faut dire que visuellement, il est difficile de louper la Ténéré et son cavalier. Et quand bien même sa carrure ne parvenait pas à attirer l’œil, son pot Akrapovič attrapait toutes les oreilles alentours.

Au feu, je me maintiens sur la pointe des pieds alors que je suis collé au réservoir. La moto respire fort au ralenti, mais grogne dès que je tire sur l’accélérateur à câble. Autant cela me rend fou d’entendre des watatatata-tata-ta-ta à tout bout d’champ en ville, autant je trouve cela plutôt amusant en province (les premières minutes). Et on gêne moins de gens dans les grands espaces… car il n’y a plus personne à embêter ! Le grand air permet vraiment à cette machine de s’exprimer.

Dans mon usage quotidien, je trouverais la Ténéré trop compliqué à gérer : elle est lourde avec ses 220 kg tout plein fait, haut perchée à cause de ses importants débattements et dispose d’un guidon aussi large que des cornes de buffles. Autrement dit, une plaie à utiliser en région parisienne (en plus d’être plutôt volée). Mais une fois sortie de la ville, ce n’est plus que du bonheur.

Déjà, le fait d’être aussi éloigné du sol donnait l’impression de rouler sur un tapis volant. Le pilotage était décontracté grâce à un triangle quasi équilatéral entre les épaules, le guidon et le ventre. La position droite permettait de dominer la route sereinement.

La force tranquille

Aussi, j’ai agréablement été surpris par la selle. Au vu de son étroitesse et des retours que l’on peut lire sur la T7 « standard », je pensais avoir mal au cul rapidement. Mais non, elle fait correctement le job. Enfin, les larges repose-pieds Adventure ont été pratiques pour reposer mes gros pieds.

Même si les conditions météo ont été bonnes, le bord de mer possède toujours son lot de vents et marrées. J’ai donc été étonné de la protection apportée par certains éléments de la machine. Premièrement, la bulle, que je juge plutôt étroite, remonte assez haut (+15 mm par rapport à la bulle « standard »). La WR profite aussi de déflecteurs latéraux, toujours sympa, et d’un énorme réservoir de 23 L qui s’étend en largeur (on y reviendra plus tard). Les jambes sont ainsi protégées par cette imposante carrure. Aussi, le dessin de la WR fait qu’on est encastré dans la moto et donc naturellement à l’abri des éléments dans une certaine mesure.

Taillée pour le tout terrain

En plus des éléments cités plus haut, la World Raid profite d’un amortisseur de direction Öhlins bien visible sur le guidon avec 18 niveaux de réglages. Il y a aussi une fourche inversée Kayaba (ou KYB pour les intimes) à l’avant de 230 mm (+20 mm par rapport à la T7 standard). Les amateurs de off-road apprécieront donc forcément, car tout est plus ou moins réglable. Par ailleurs, ces équipements haut de gamme m’ont donné l’impression de rouler sur un rail haut sur pattes tant la tenue de route m’a semblé stable.

Par contre, il faut s’accrocher lors des premiers virages, car la distance avec le sol est importante. On a l’impression de « tomber » à chaque fois que l’on penche, ce qui peut faire drôle. Cela étant dit, ce n’est pas étonnant avec des jantes à rayons de 21 pouces et 18 pouces. Et je ne vous apprendrais rien en vous disant que la RW est une moto pensée pour le tout terrain. On en a donc pour son argent, à condition de rechercher absolument des aptitudes au franchissement avant toute autre chose.

Comme toutes les motos mid-sizes de la marque, la T7 est animée par le fameux CP2 Yamaha que l’on retrouve dans les MT-07, Tracer 7 et R7. Son caractère fougueux à bas et mi-régime le rend toujours aussi amusant. Cependant, il a ici un peu plus de mal à avancer qu’à l’accoutumée. Rien d’étonnant là-dedans : la carcasse à transporter, sans compter votre humble serviteur, est de 220 kg contre 182 pour le roadster MT-07.

Il m’arrive aussi de trouver ce moteur agaçant à cause de son côté on / off. Un sentiment décuplé par le pot Akrapovič qui hérisse les poils à chaque coup de gaz. Développant 73,40 ch à 9 000 tr/min, il se montre néanmoins suffisant pour rouler aux vitesses légales et s’aventurer en off-road, sa vocation première je le rappelle.

Si vous pensez que ce n’est pas suffisant, je vous invite à faire un tour sur YouTube. Plein de mecs se filment en train de grimper aux arbres ou sur d’immenses cailloux avec des T7. Pour ma part, je trouve le tout chemin soft suffisant et rigolo. L’ABS est par ailleurs totalement désactivable (il y a 3 niveaux).

Des différences loin d’être anodines

Je ne vais pas vous mentir, je n’avais pas la fiche technique de la moto en tête lors de l’essai. J’envisageais simplement d’acheter une T7 « standard » à ce moment-là, et j’ai profité d’un peu de temps libre pour lié l’utile à l’agréable. De ce que j’ai pu lire sur le net, cette WR reprend la recette éprouvée de la T7 tout en l’améliorant par grandes touches.

En plus des choses évoquées plus haut, la World Raid profite ainsi d’une selle Rally. En plus de hisser la hauteur de selle à 895 mm, elle apporte un peu plus de confort au pilote que la selle standard de la T7. De plus, cette dernière est divisée en deux parties (nouveauté) et s’avère plate. Pratique pour se mouvoir dessus en tout terrain. Il y a aussi un sabot moteur aluminium en 3 parties pour bien protéger les cylindres des cailloux, une grille de radiateur plus « aérée » et de divers autocollants / grips permettant de bien tenir la machine entre ses jambes.

Comme évoqué plus haut, l’une des grandes spécificités de la Yamaha Ténéré 700 World Raid réside dans son immense réservoir de 23 L. Ou plutôt devrais-je dire, son double réservoir. En effet, ce dernier est divisé en deux partie, ce qui oblige à ouvrir les deux trappes à chaque passage à la station essence. Stylé, mais chiant. D’après Yamaha, cela ne devrait arriver que tous les 500 km. Avec une consommation en essence de 4,5 L / 100 km constatée, on peut affirmer les dires du constructeur. Du moins, avec une conduite cool comme à la campagne.

Le point sur la concurrence de la Yamaha Ténéré 700 World Raid

Il y a plusieurs façons de voir les choses. Premièrement, si l’on cherche un trail avec une grande autonomie, on peut se pencher sur la toute nouvelle BMW F 900 GS Adventure. Elle dispose également d’un réservoir de 23 L, n’est pas beaucoup plus chère (à partir de 14 990 €) et est davantage connectée. Bon. Dans le genre Premium, vous trouverez aussi la KTM 890 Adventure, ses 20 L de réservoir et son moteur plus puissant.

Bien que je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur, la Suzuki V-Strom 800DE est une alternative moins onéreuse (11 499 €). Elle est cependant un peu lourde, mais disposant d’un réservoir conséquent, d’aptitudes off-road et d’un moteur plus puissant. La Honda Transalp est aussi une candidate moins hardcore. Sinon… prenez un Honda CRF 300 L, vous irez partout avec !


Enfin, peut-être que la concurrence vient plutôt de l’intérieur. Fin 2023, on trouve pas moins de 5 déclinaisons de la T7 en incluant le modèle de base. La T7 WR est actuellement affichée à 14 299 € quand le ticket d’entrée est à 11 399 €. Il y en a donc pour tous les degrés d’aventure.

Alors, on loue la Yamaha Ténéré 700 World Raid ?

Bien que je trouve le CP2 juste pour cette machine, j’ai trouvé la Yamaha Ténéré 700 World Raid plutôt intéressante. Elle est plutôt stable, rassurante et capable d’aller loin. Une machine efficace qui a de sacrés arguments à faire valoir par rapport à d’autres machines démesurément plus puissantes. Sa simplicité en fait aussi une moto pas prise de tête, et je comprends parfaitement qu’elle fasse des adeptes.

Toutes les photos de la Yamaha Ténéré 700 World Raid

On aime

+ Gueule d'enfer.
+ Une machine simple d'utilisation.
+ La plus aboutie des Yamaha Ténéré 700.
+ Autonomie maboule.
+ Une invitation à l'aventure.

On aime moins

- Si vous faites moins de 1m80, passez votre chemin.
- Moteur CP2 un peu juste.
- Double réservoir à recharger en deux fois.
- Poids qui reste haut perché.
- Prix qui se rapproche de marques dites premium.

L'avis de l'équipe Hoonited
La note de l'équipe Hoonited
La note du public
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Couleur
9.0
Consommation
9.0
Autonomie
9.0
Châssis
9.0
Prix
8.0
Assumerais-je de rouler avec ça ?
9.0
8.8
La note de l'équipe Hoonited
La note du public
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Nico
"Hey, mais tu as pas le permis moto toi ?" Et voilà comment je me suis retrouvé à placer des lettres sur Hoonited. Merci le stagiaire.