Review

Essai de la Honda Jazz Crosstar 2021 : jamais à sec in the city

by 26 mars 2021
Résumé
Marque et modèle

Honda Jazz Crosstar 2020

Moteur

e-HEV i-MMD 1.5 L hybride essence

Carburant

SP 98 ou SP95 si t'aimes pas ta voiture

Puissance

98ch à 5500 tr/min

Couple

131 Nm à 4400 tr/min

Conso moyenne constatée

6.1L/100 km

Km parcourus

1000

0 à 100 kmm/h

9.5s

Vitesse max

175

Carrosserie

Monospace 5 portes

Dimensions

4 090 mm L x 1 725 mm L x 1 556 mm H

Prix

À partir de 27 670 €

1000km au volant de la Honda Jazz Crosstar

J’ai idéalisé la Honda Jazz comme jaja ! Primo, parce que le relou anticonformiste qui aime les trucs que les autres ne regardent pas (les objets j’entends), c’est typiquement moi. Secundo, parce que je pensais qu’une voiture destinée à la ville était à l’aise pour faire un peu de route. J’avais tort. Mais c’est pas grave !

Honda Jazz : un cahier des charges long comme un jour sans pizza

Pour que vous puissiez cerner la chose, voici le cahier des charges qu’a dû recevoir l’équipe du bureau d’étude :

  • 3 moteurs dans une citadine ! Pour rappel, un Rafale en possède 2 ;
  • La batterie pour le moteur électrique ;
  • La place pour 4 adultes mesurant environ 1 Vityok soit 1,87m ;
  • La possibilité de placer 2 sièges auto pivotants à l’arrière ;
  • Un coffre permettant d’entrer une grande valise, une poussette, 2 PC, un sac de nourriture, un sac de fringues, un plaid et un éclairage photo/vidéo façon tube de la marque Godox pour laquelle je ne touche pas un rond mais que j’aime bien alors je le mentionne parce qu’internet c’est aussi le partage, le don de soi pour un monde plus beau ;
  • Des sièges qui se lèvent facilement à l’arrière ;
  • Apple Car Play sans fil et Android Auto avec fil (bande de pauvres)
  • La climatisation bi-zone automatique
  • Une aide à la conduite qui peut éviter un môme sur un passage piéton pendant que tu règles l’égaliseur pour mettre en valeur le caisson du modèle Crosstar3 ;
  • Si possible pas trop moche !

T’imagines qu’avant, ils étaient sur la NSX… Ils ont pondu ça :

C’est cette Honda Jazz que j’ai eu la chance d’essayer sur environ 1000 bornes. J’ai découvert des trucs géniaux mais aussi quelques idées totalement WTF !

Primo, cette version est la Crosstar. Elle est plus large de 3 cm, longue de 5 cm et haute de 3 cm que le modèle classique. Elle est équipée de boucliers en plastique façon crossover, de barres de toit et coûte 2000€ plus cher. Et là, premier constat chelou : la Crosstar récupère un caisson de basse supplémentaire, mais perd la détection des angles morts et le volant chauffant qui disparaît sur cette version. Pourquoi ? Aucune idée.

Une Habitabilité de dingue !

Honda est connue pour ses sièges magiques, qu’on peut relever d’une simple pression pour libérer un espace considérable. C’est super pratique pour y caser les choses qui ne sont pas « Tetris Friendly », comme cette trottinette que possèdent tous les gamins ou la poussette qui, même pliée, n’est pas pratique. Dans la foulée, on aura envie d’y placer la pochette du PC, un sac de nourriture, la boite à mouchoirs, les manteaux, les cousins, etc…

Le coffre lui est petit et surtout, connaît une élévation vers l’arrière qui empêche de poser une valise à plat et crée un déséquilibre. mais il fallait bien mettre les batteries quelque part.

Assis, l’espace aux jambes ne manque pas et ce, même avec un gugus d’1m80 au volant qui aime conduire à l’aise et allongé.

On va passer la journée sur cette partie. Vous avez saisi l’idée de l’espace à bord et pour vous en convaincre, dites-vous qu’on a réussi à y mettre tout ça en relevant tout de même l’un des deux sièges à l’arrière :

Des aides en pagaille, littéralement en pagailles !

Niveau confort des sièges, ce n’est pas fou du tout et la matière n’est pas la plus agréable. Mais elle est conçue pour résister au temps et n’absorbe pas l’eau (dans cette version Crosstar uniquement). Pour les autres versions, c’est pareil (j’ai pu tester) mais en cas de pipi ça fera tâtâche.

Dans la jungle urbaine, j’ai repéré des trucs vraiment cools : l’aide au maintient dans la voie par exemple tient compte des trottoirs, ce qui n’est pas le cas du système Volkswagen, marque pourtant réputée en logiciel d’anticipation. Le système anticollision est aussi très bien fichu et permet un réglage en 4 ou 5 niveaux. Enfin, suffisamment pour choisir la distance qui vous séparera du crash au centimètre. Autre truc cool et super important pour une voiture qui met en avant la pratique à la passion : la clim. Celle-ci est évidemment automatique (on parle de 30 k€ quand-même) et surtout, s’adapte de façon douce et progressive, mais pas lente. Ce qui évite les coups de froid en été et les coups de chaud en hiver.

Mais il y a des trucs très étranges aussi. Par exemple, le frein automatique (qui évite que la voiture, une fois arrêtée au feu ne cesse d’avancer) ne s’active pas d’office à la mise sous contact et surtout, est à réactiver à chaque fois que vous démarrez la voiture.

Autre élément du registre chelou : le maintien dans la voie est susceptible : si vous franchissez la ligne, il se désactive pendant une période de quelques minutes, sauf si vous réappuyez sur la touche « Maison » façon E.T.

L’énorme bouton pour régler l’éclairage de l’écran servant de tableau de bord est hyper accessible et règle aussi le grand écran qui projette Apple Car Play (et Android aussi). MAIS… le petit bouton qui active toutes les assistances (maintien dans la voie, anticollision, régulateur) lui est caché sous le volant, impossible à trouver sans quitter les yeux de la route. Pareil, il faut le réactiver à chaque fois qu’on coupe le contact.

Un menu de Playstation avec grande fritte siouplé

Je n’ai rien contre les écrans numériques qui remplacent les traditionnels compteurs, j’ai moi-même un ami digital. Mais les icônes de l’écran principal de la Honda Jazz ressemblent à une chambre rangée par un enfant de 2 ans. Sérieusement, on a l’impression que les éléments ont été posés là, alignés, sans raisons.

Une jauge graduée de 0 à 20, des icônes d’aides un peu partout, la vitesse, le kilométrage restant, je vous laisse nommer le reste. C’est un foutoir qui jure avec l’aspect épuré de la planche de bord. On peut régler des choses, le personnaliser mais 9,5 personnes sur 10 ne le feront pas et une demi tentera de le faire. Je vous rassure, un mode SIMPLE existe mais du coup, tu vois rien. Il y a évidemment le mode qui te permet de voir si tu tires sur le thermique ou l’électrique (pour les fans de conduite éco-nomique).

Le grand écran est idéal pour voir un film, ce que ne propose Android Auto. Rien à dire si ce n’est qu’il est taillé pour mater des séries et des films. Ou des matchs.

Bon, on s’y fait à tout ça et plutôt vite et bien.

Sexy in the city

La Honda Jazz n’est pas une voiture électrique. Elle ne cherche pas à l’être. C’est une clé en mains pour offrir un agrément d’électrique dans une utilisation thermique. En ville, les deux moteurs électriques font le job et le système gère à la perfection le moteur thermique pour les alimenter façon génératrice d’électricité. Si Jean Louis Fait La Course veut vous griller au feu, vous pouvez presser la pédale à fond et la petite Jazz va piocher immédiatement dans ses trois moteurs et ses gènes Mugen pour vous propulser très vite et furieusement à l’autre feu, avec le même son que celui généré par les voiture du premier Gran Turismo.

Je m’explique : la boîte est à pignon fixe. Tu vois les hipsters sur leur vélo monovitesse ? C’est pareil ! Mais Honda a choisi de simuler des rapports. Des rapports de vitesse j’entends. Comme l’étagement d’une boîte imaginaire. Sauf que ça dissone un peu. Franchement, c’est pas dérangeant, mais les gens qui entendent ce bruit ont deux réactions : la première c’est de chercher autour de vous, ne comprenant pas qu’un monospace fasse un tel son. La seconde, et c’est la plus amusante, lorsqu’il réalise que c’est à la Jazz que l’on doit cette mélodie.

En dehors de ça, la Jazz est reine en ville, de loin. Lumineuse, agile, elle tourne dans un mouchoir de poche de jean slim et son gabarit est idéal pour stationner et se faufiler. Et c’est la plus volumineuse de la famille. Et surtout, SURTOUT, elle avance dans un silence de cathédrale. Il suffit d’un petit morceau Chill pour que les bouchons se transforment en moment de relaxation. Car dans cette situation, l’insonorisation est excellente !

La route : Métal Hurlant

Le tableau aurait pu être idéal, vraiment ! J’y ai même un peu cru mais ne rêvez pas. La Honda Jazz n’est pas une routière. Mais pas juste histoire de… RIEN ! La prendre pour faire des longs trajets est une plaie. Sans musique, après 2h30 on en avait presque des acouphènes tant l’insonorisation est à la peine à 130 km/h. Un comble quand on compare à l’insonorisation à l’arrêt ! A cela s’ajoute un moteur qui se met à hurler dès qu’on monte la moindre côte et on obtient une caisse insupportable. Dommage parce que les aides sont vraiment efficaces et la position de conduite plutôt confortable malgré un accoudoir vraiment trop court. Mais le bruit… Et ne me parlez pas de vos caisses de vieux des années 80 qui faisaient pire. Je vous rappelle qu’on est en 2021 et que cette voiture est affichée à 30 000€.

Mais pourquoi pinaise, pourquoi est-ce insonorisé parfaitement en ville et pas du tout à plein régime ? La réponse est simple : MONOSPACE. Le pare-brise plonge dans la continuité du capot. On gagne en aérodynamisme au prix d’une partie du moteur dans l’habitable. Dans ce cas, lorsque le moteur thermique gronde, il résonne dans la bagnole au point de réveiller un enfant de 2 ans qu’on avait spécialement épuisé pour avoir la paix sur la route. Loupé !

Consommation : gloutonnerie anorexique !

Alors que tout le monde s’amuse à claquer les records de consommation basse en jouant de l’hybride, j’ai perso voulu faire l’inverse. J’ai donc traité la voiture non pas comme une hybride mais comme un engin qu’on prend au quotidien et qu’on ne ménage pas. ¨Parce qu’on est pressé, qu’on est fatigué, que le gosse à oublié son sac, que j’ai oublié mes clés, qu’il est tard même si je ne sais pas quelle putain d’heure il est ! Merd-heu !

Alors on appuie à froid sans penser à la mécanique, on freine, on accélère, on refreine, et ainsi de suite. Si vous ajoutez notre périple de 600 km de route/autoroute à nos 400 km de ville environ, vous obtenez 6.1 L/100 km.

Et sur la route uniquement, la Honda Jazz buvait des shots de 6.4L/100 km. Pour te donner une idée, c’est un litre de moins qu’un moteur 1.5 TSI 150 chevaux sans aucune hybridation. Donc on peut voir le verre de 2 façons : à moitié plein, c’est moins qu’une routière et c’est raisonnable sur autoroute pour une telle caisse. A moitié vide : beaucoup de contraintes sur des longs trajets pour économiser 1 litre.

Alors niveau autonomie, dans cette histoire, on peut aisément taper dans 800 km en ville, pour 40L de réservoir. C’est assez fou ! Avec de l’autoroute, on descend à 650-700 km et c’est déjà très bien.

Moralité de la conclusion :

La Jazz, c’est cette pote avec qui vous adorez aller boire des verres et manger un morceau, mais avec qui vous ne supportez pas partir en vacances.

PS : il y a TSF Jazz dans la Jazz, mais le son n’est pas meilleur et on a d’autres choix.

On aime

+ Plus agile qu'un cadre supérieur
+ Peu gourmande en ville
+ Embarque 4 adultes ET les courses (pour 2 adultes)
+ Les aides son bien fichues

On aime moins

- Elle fait BRAAAAAAAAAAA trop fort quand on appuie sur la pédale
- Elle consomme à 130
- L'interface de l'écran de bord est fouillie, très, très fouillie
- Les sièges ne sont pas super confortables

L'avis de l'équipe Hoonited
La note de l'équipe Hoonited
La note du public
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Extérieur
7.3
Jantes
6.6
Intérieur
6.2
Performances
5.7
Châssis
5.0
Assumerais-je de rouler avec ça ?
7.0
6.3
La note de l'équipe Hoonited
La note du public
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Le Stagiaire
Nourrit à base d'huile de tournesol 15W40 et de chips Vico, le stagiaire n'a pas de nom, parce qu'il ne le mérite pas. Il nettoie les locaux virtuels de Hoonited et entre 2 coups de serpillère virtuelle, il écrit des trucs et taxe des voitures pour les essais.