Review

Essai Alfa Romeo GT (2009) : Cuore MarshmallowEnviron 5 minutes de lecture

by 2 novembre 2021
Résumé
Marque et modèle

Alfa Romeo GT

Prix de base

30 400 €

Prix du modèle essayé

5 500 €

Moteur

1.8 Twin Spark

Carburant

Essence

Puissance

140 ch

Couple

163 Nm

Boîte de vitesse

Mécanique, 5 rapports

Transmission

Aux roues avant

0 à 100 kmm/h

10,6 seconds

0 à 200 km/h

Au bout d'une longue ligne droite

Vitesse max

200 km/h

Poids

1 300 kg

Réservoir

63 L

Km parcourus

4 000 km

Conso moyenne constatée

8,5 L

La news

Pourquoi il a acheté une Alfa Romeo GT, cette andouille ? Attention, petite mise en situation. Vous roulez en Renault Clio 2 depuis 10 ans. Vous venez de signer votre premier CDI (mais attention ça paye pas tant que ça). Vous aimez la bagnole. C’est l’heure d’acheter un truc un peu cool. Budget : 6 000 €. Critère : Crit’Air. Fun : un peu, mais ça doit rester un daily confortable.

Toute personne logiquement constituée ferait comme moi : chercher une Honda Civic VIII Type S. Le look de soucoupe volante est cool surtout en trois portes, avoir un badge Type S ça fait la blague même si ça n’a que 140 ch, c’est incassable, Crit’Air 2, et je suis sûr que c’est relativement marrant à conduire.

Être rationnel, c’est chiant

Mais surprise : la Type S, ils en ont pas fait beaucoup, et elles sont toutes soit rincées soit diesel. Je prends mon mal en patience en regardant ma Clio pourrir en plein air. Quand tout à coup, c’est le drame. Dans les bouchons, je croise une Alfa Romeo GT. « Tiens », je me dis, « c’est probablement la moins intéressante des coupé Alfa moderne, je me demande combien ça vaut ». Réponse : 6 000 €. C’est Crit’Air 2. Beaucoup de place à l’intérieur. Plutôt joli. En 1.8 TS, ça fait 140 ch et consomme pas trop. Je vais en voir une. Noire intérieur cuir crème, 94 000 km. Le patron de Hoonited me dit que je suis trop con, ce qui reste le meilleur encouragement possible. J’achète.

Bref, l’opposé complet de l’option 1, la Civic. C’est pas rationnel. Probablement pas fiable. C’est gros et chiant à garer. Mais ça remplit tout à fait aussi bien les critères d’achat, et entre nous, c’est quand même bien moins anonyme si j’ai envie d’aller Place Vauban pour voir des gens être encore plus débiles avec leur argent. Mais est-ce que c’est bien ? Là ça se complique un peu.

« Au moins c’est joli »

On va commencer par l’attrait principal du machin : c’est joli dedans et c’est joli dehors. L’Alfa Romeo GT est dessinée par Bertone en 2003, et reprend la plateforme de la berline 156. Du coup c’est assez gros, bien plus que la GTV dont elle prend le relai. Mais les proportions fonctionnent, surtout, je trouve, l’arrière avec ces feux très fins. Et du coup, il y a de la place. D’ailleurs Alfa Romeo s’enorgueillissait à l’époque d’avoir le seul coupé homologué 5 places, et honnêtement on peut largement à son aise derrière. Le coffre est super logeable aussi. Bon ça braque comme un supertanker, et avec la ligne de toit très basse la visibilité à l’arrière est quasi-nulle. Un premier « ouiiii mais c’est une Alfa, tu comprends ».

L’intérieur est honnêtement encore plus réussi que l’extérieur, surtout avec ce cuir crème. Certains plastiques ont mal vieilli (la mienne est de 2009), mais les fauteuils sont parfaits (et chauffants), le pommeau alu fait sont effet, et le volant est un vrai plaisir à prendre en main. Curieusement, ça manque un peu en équipements, même par rapport à ma Clio (qui est certes une Initiale stupidement suréquipée) : pas de xénon, pas d’essuie-glaces ou d’allumage des phares automatiques, pas de GPS, et franchement elle pourrait bénéficier d’un radar de recul, parce qu’avec un incompétent comme moi un accident est vite arrivé. Mais comme les photos sont pré-accident, vous le saurez jamais.

Charmant, mais pas de piment

Il faut dire que si cette phase 2 est de 2009, la GT n’a que très peu évolué depuis sa sortie en 2003. Un peu de chrome sur le pare-choc, des moteurs Euro 4 (top pour la Crit’Air), un bloc instrumentation un peu revu, et c’est tout. Sous le (joli) capot, le plus petit moteur de la gamme, le 1.8 16V TwinSpark, de 140 ch. On ne parlera pas des diesels, mais outre un autre quatre cylindres 2.0 165 ch, le moteur dont tout le monde rêve c’est le V6 Busso, qui apparaît pour la dernière fois sous le capot d’une Alfa dans cette GT. Mais il ne passe pas Euro 4, et surtout vaut le double de la mienne. Un jour peut-être.

Bref, avec ce 140 ch, pas de performances décoiffantes. Le 0 à 100 est officiellement de 10,6 secondes… Moins vite que ma Clio 1.6 110 ch. Il faut dire que l’ensemble pèse 1 300 kg, et que les premiers rapports sont très longs (quasi 100 km/h en seconde !). Surtout, si vous demandez du couple avant 4 000 tr/mn, ne quittez pas, une opératrice va vous répondre, mais elle est en grève. En revanche, ça grimpe gaiement à 7 000 tr/mn, et le caractère devient franchement sympa au-delà de 5 000. Et ça consomme pas grand-chose : comptez environ 8 L/100 km en conduite normale, et 11,5 sur route fermée. Et c’est pas cher à assurer, et normalement fiable (pour une Alfa).

Le vrai défaut reste la boite. On l’a dit, l’étagement est bizarre, et surtout le maniement du levier est très loin de l’image qu’on pourrait s’en faire. Les débattements sont immenses, la 5ème a son propre fuseau horaire. En plus le verrouillage des rapports est du genre ferme. Heureusement, l’embrayage est super doux, c’est déjà ça.

Au volant de l’Alfa GT : surprise, c’est une GT

Côté comportement, eh bien tout est dans le nom. L’Alfa Romeo GT est une vraie GT, pas une sportive. Ne la poussez pas à plus de 80% (genre balade musclée, pas arsouille), sinon les suspensions souples et la direction imprécise vous feront plus peur qu’autre chose. Mais quelle machine à road-trip ! C’est hyper silencieux, l’intérieur est d’un confort rare, et quand on sort de l’autoroute pour un peu de départementale, ça reste assez fun. Et une fois arrivé, la ligne est suffisamment cool pour faire tourner quelques regards… Y compris le mien quand je me retourne une dernière fois avant de sortir du parking.

Bref, pour une première voiture un peu cool sous les 6 000 €, honnêtement difficile de faire mieux. Oui, la Civic aurait été plus rationnelle, et une MX-5 ou une Suzuki Swift Sport plus marrante à conduire. Mais, même si je n’ai jamais été un grand adorateur d’Alfa Romeo, j’ai toujours eu un faible pour leurs coupés, et pour les grandes GT italiennes en général. C’est probablement la plus accessible de ces dernières, et parfaitement utilisable au quotidien. Faut juste faire attention quand on se gare. Ah, et prendre rendez-vous chez votre garage préféré, j’entends déjà un bruit.

Ouiiii, mais c’est une Alfa, tu comprends…

On aime

+ look
+ confort
+ presque rationnel
+ c'est une Alfa (et c'est cool)

On aime moins

- relou à garer
- pas sportif
- boite
- c'est une Alfa (et y a déjà des trucs à réparer)

L'avis de l'équipe Hoonited
La note de l'équipe Hoonited
La note du public
Rate Here
Couleur
8.0
8.0
Extérieur
8.0
7.3
Jantes
7.0
7.3
Intérieur
9.0
8.3
Performances
3.0
4.5
Châssis
3.5
4.5
Assumerais-je de rouler avec ça ?
8.0
7.3
Bottom Line

Une vraie GT à l'italienne, sans (trop) se prendre la tête au quotidien. Mais pas de Cuore Sportivo ici.

6.6
La note de l'équipe Hoonited
6.7
La note du public
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Clemsie McKenzie