On aime quand l’automobile frôle le grand n’importe quoi mécanique, mais avec classe. Et dans la catégorie des projets sans aucune limite budgétaire, Bugatti vient de frapper un très grand coup. Oubliez l’agressivité de la Bolide taillée exclusivement pour dévorer les vibreurs, car voici la Bugatti Destrier. Troisième création issue du très fermé Programme Solitaire de Molsheim après la Brouillard et la FKP Hommage, cet exemplaire unique métamorphose l’hypercar de piste en une véritable sculpture roulante.
La recette de départ était pourtant particulièrement brutale, puisque la Bolide d’origine affiche 1 600 chevaux, un poids plume de 1 406 kg et une vitesse de pointe de 380 km/h. Pour la Bugatti Destrier, les designers ont préféré remiser au placard les ailerons démesurés et les appendices aérodynamiques hypertrophiés. À la place, la marque propose une silhouette épurée au possible qui ne mesure qu’un petit mètre de haut, ce qui en fait la Bugatti la plus basse de l’histoire. La célèbre signature latérale en C part de l’aile avant pour se fondre subtilement dans la carrosserie avant de rejoindre la calandre en fer à cheval élargie. À la poupe, le monstrueux aileron de course cède sa place à un béquet fondu dans la carrosserie, directement inspiré de l’unique Chiron Profilée. L’ensemble repose sur d’imposantes jantes de 20 pouces à l’avant et 21 pouces à l’arrière qui remplissent généreusement les passages de roues.
Le nom Destrier fait directement référence au cheval de guerre des chevaliers médiévaux, tandis que la philosophie du projet s’inspire de la mythique Type 57, dont le châssis avait servi aussi bien à la Type 57G Tank victorieuse au Mans qu’à l’iconique Type 57SC Atlantic. Pour habiller cette carrosserie, l’unique propriétaire a opté pour la teinte Sapphire Celeste, un bleu profond enrichi de particules scintillantes rappelant des diamants. C’est un hommage appuyé au châssis 57591 de la Type 57SC Atlantic, qui arborait à l’origine une nuance similaire avant d’être repeint en noir. Des éléments en aluminium poli et en fibre de carbone teintée viennent compléter ce traitement extérieur.
À l’intérieur, fini l’ambiance dépouillée d’un cockpit de compétition. L’habitacle de la Bugatti Destrier évoque davantage l’atelier d’un maître tailleur en associant du cuir brun chaud, du nubuck et un textile tricoté en 3D sur mesure qui intègre des fils de cuivre. De l’aluminium martelé à la main habille également le volant, les poignées et les aérateurs en rappel aux armures médiévales.
Qu’on se rassure, la métamorphose esthétique n’a pas étouffé la mécanique sous le capot. La voiture conserve le monstrueux W16 8.0 quadriturbo de 1 600 chevaux hérité de la Bolide. Même si cette pièce unique est désormais davantage taillée pour briller dans les concours d’élégance que pour chasser les chronos sur circuit, savoir que 1 600 équidés sommeillent sous cette robe bleu nuit reste particulièrement réjouissant. La Bugatti Destrier fera sa toute première apparition publique lors de la Monterey Car Week dès le 13 août 2026.
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