Ce Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet possède un 6 cylindres en ligne pour une puissance de 449 ch. Pour autant, est-ce vraiment le meilleur choix de version ?

| Marque et modèle | Mercedes-AMG CLE |
| Version/finition | Cabriolet / 53 |
| Prix du modèle essayé | 111 750 € |
| Kilomètres parcourus | 416 km |
| Consommation constatée | 12,6 l/100 km |
| Type de moteur | 6 cylindres en ligne 3 l + hybridation 48V de 23 ch |
| Puissance | 449 ch |
| Couple | 560 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique à 9 rapports |
| Transmission | Intégrale |
| Poids à vide | 2 110 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 4,4 s |
| Vitesse maximale | 250 km/h |
Le contexte de l’essai
À l’occasion d’un nouveau rassemblement (Hoonited Yvelines Festival) en parallèle de Rétromobile 2026, j’ai sollicité le prêt d’une AMG. Notamment pour ce souvenir ému de l’A 45 S qui demeure encore aujourd’hui l’une des caisses les plus attachantes de ma (longue) liste d’essais. Au vu de la période hivernale, un Classe G 63 AMG aurait sûrement été plus pertinent qu’un CLE 53 Cabriolet. Pour autant, je n’allais pas faire ma diva et je commence à avoir une certaine expérience des décapotables hors saison comme avec le Z4 ou le Cabrio JCW. C’est donc parti pour 5 jours de croisière en paquebot 4 places avec les alizés dans les cheveux. Enfin, surtout la pluie dans la tronche.

Un cabriolet sous la pluie
Les férus de roadster savent qu’à partir de 80 km/h, les gouttes d’eau deviennent moins problématiques avec le toit découvert. C’est aussi le cas en Mercedes CLE Cabriolet pour les places à l’avant, bien protégées par le pare-brise. Pour les places à l’arrière, avec une assise très/trop droite mais suffisamment d’espace aux jambes, il faudra passer à 130 km/h pour éviter les éclaboussures faciales. Puis à cette vitesse, le vent et le bruit finiront d’achever vos invités. Alors que le conducteur et son passager pourront toujours profiter de conditions acceptables.
Petite blague qui est une grosse blague : le déflecteur sur le montant du pare-brise et le filet anti-remous derrière les dernières places engendrent du bruit et des remous. Je vous déconseille donc leur utilisation sachant qu’avec les vitres remontées, l’insonorisation reste correcte avec aucun bruit d’air à constater. Les buses de chauffage dans les appuies-têtes manquent de puissance pour souffler du chaud dans le cou à travers un manteau.



Un cabriolet au quotidien
Le confort des sièges (en cuir beige macchiato/noir à 2 000 €) est remarquable, ce qui n’est pas toujours le cas chez Mercedes. Ils sont bien chauffants contrairement au volant où il faut rajouter 450 € au 111 750 € pour pouvoir en bénéficier. J’ai toujours du mal avec ces mesquineries quand cet équipement est majoritairement disponible sur des voitures à 40 000 €. On pourra se réchauffer les mains en s’agitant grâce à la sono Burmester. Habituellement, je la trouve bien mais en deçà d’une Bang et Olufsen. Toutefois, je ne sais pas si c’est le kiff de rouler décapoté mais j’ai adoré monter le son (malgré de nombreuses coupures sur Android Auto sans fil) et profiter de ce luxe si rare en 2026.
Le toit prendra 20 secondes pour s’abaisser ou se relever. Cela me paraît toujours trop long surtout avec son doigt en l’air car il faut maintenir la pression sur le bouton. On pourra effectuer l’opération jusqu’à 60 km/h. Un bon point. Avec la capote fermée, l’insonorisation s’avère excellente, légèrement en retrait par rapport à la référence d’un Audi TT RS Roadster.



Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet : la vie à bord
Depuis mon premier essai de Mercedes, le drame persiste. Celui du plastique mal assemblé dans l’habitacle de la Classe C break pour commencer puis dans le CLE Coupé et surtout chez les utilitaires Vito Tourer et Sprinter. Même dans le Classe E break la qualité des matériaux pouvait se discuter. Ici aussi dans ce Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet. Le problème provient encore et toujours du choix initial avec cette combinaison d’écrans et d’aérations avec un plastique bas de gamme.

Dès la moindre vibration, le frottement engendre des grincements comme sur cette vidéo. J’ai dû basculer l’écran central vers l’avant (normalement pour éviter les reflets solaires) afin de limiter les désagréments phoniques. Mais bon, quand je vois que c’est pareil dans une Classe S, Mercedes doit absolument tout rebâtir car c’est gentil les lumières partout pour des vidéos TikTok tape-à-l’œil (essai réalisé avec une conjonctivite, je déconseille) mais ça grève énormément l’agrément. Tout comme ce volant avec des boutons physiques (dont le mute) et tactiles toujours aussi non ergonomiques. Heureusement, les différents menus sont accessibles aisément sur l’écran vertical de 11,9 pouces dont les réglages de climatisation. Un simple clic pour couper l’alerte de vitesse.


Suspensions et châssis
Comme c’est une AMG, je m’attendais à des suspensions plus fermes. Voire trop fermes. Finalement, c’est le bon compromis avec un réglage adapté en fonction du type de conduite. Attention aux éblouissantes jantes à branches en Y de 20 pouces qui font ressentir les aspérités de la chaussée et aussi s’entendre sur voie rapide. Cela reste tolérable surtout par rapport aux prestations du châssis. Quand on voit le morceau de 4,85 m et surtout de 2 110 kg, on peut s’attendre au pire. Le châssis tient la route, même en mode Sport +, bien que je n’aie pas poussé les limites à finir dans un fossé. On apprécie la monte en Pilot Sport S 5 avec la sécurité traditionnelle des Michelin sur le mouillé et surtout la motricité irréprochable grâce à la transmission (intégrale) 4Matic+. L’accroche des freins se fait immédiatement avec une course de pédale très courte.
Vous me voyez arriver ? Va-t-il parler de sportivité ? Oui et non. Oui car le badge AMG oblige à se questionner. Non car c’est un cabriolet 4 places donc on imagine forcément une GT. Déjà, lorsqu’on pèse plus de 2 tonnes, la physique rappelle sa loi (tout est trop lourd) et ça règle immédiatement le débat. Sachant qu’il n’existait pas vraiment en soi, car personne ne va grimper des cols à fond les ballons ou péter des chronos sur circuit en Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet. Par contre, on compte bien gagner une drag race.



Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet : manque de couple ?
Vous voyez la souplesse intemporelle du 6 cylindres en ligne BMW ? Eh bien, ce n’est pas celle du 6 cylindres en ligne Mercedes. Je n’arrive pas à expliquer le manque de couple (malgré 560 Nm !) de ce 3 litres micro-hybridé (de 23 ch) avec ses 449 chevaux. Est-ce un problème de cartographie, de turbo ou de boîte automatique 9G-TRONIC ? En tout cas, à moins de 3 000 trs/min, la latence d’une seconde avant d’avoir la cavalerie surprend désagréablement. Après, quand tout débarde, c’est un monstre de puissance et on pourra taper des records de vitesse sans la moindre difficulté.
Nonobstant, ce que j’aime, c’est la conduite au filet de gaz, comme dans une 550e, exactement au même tarif et au 0 à 100 km/h du même ordre (4,3 s contre 4,4 s pour la Mercedes-AMG). Certes, la BMW est une hybride rechargeable avec un moteur électrique de 197 ch mais le L6 bavarois gagne sur celui du Bade-Wurtemberg. Sans parler de sa sonorité totalement inexistante probablement du fait des normes anti-pollution bien qu’on se tape au final le malus maximal de 70 000 € en 2026 avec les 219 g/km de CO₂. Dans l’A 45 S, l’AMG Real Performance Sound étonnait par sa réussite, c’est l’inverse en CLE AMG. Il manque d’harmonie et surtout de réalisme. On le coupe rapidement alors que ce faux son dans les haut-parleurs de la version 450 faisait croire à un petit V8 onctueux.


Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet : la bonne motorisation ?
On arrive (enfin) au sujet principal de ce test. Faut-il choisir son CLE Cabriolet en version AMG 53 ? Poser la question, c’est déjà donner la réponse. AMG rime avec sportivité et avec GT. Nous n’avons ni l’un (à cause du poids monstrueux) ni l’autre (à cause du lag à l’accélération) donc logiquement, on devrait se tourner vers la gamme 300 (4 cylindres 2 litres de 258 ch) ou 450 (6 cylindres 3 litres de 381 ch) pour ce CLE Cabriolet. Comme ça, on n’a pas d’a priori inadapté et on profite davantage avec aussi des économies à l’achat et à l’usage.




Après 416 km (dont une grosse session bourrin de 90 km à 18,9 l/100 km), ma moyenne s’établit à 12,6 l/100 km. On peut descendre à 11 l/100 km mais on sera toujours loin des 7,2 l/100 km du CLE 450. Pour voyager avec 65 litres de réservoir et une autonomie de 500 km, le coffre très très profond de 350 litres devrait suffire. Au pire, on fout un sac souple sur les places arrière et on récupère ses amis à l’hôtel avec les bagages déchargés. On fera attention pour stationner même avec des roues arrière directrices et une caméra 360 parfois peu lisible dans sa schématisation. Le ressenti de direction dans le volant me semble trop lourd au quotidien. Le régulateur adaptatif est toujours aussi efficace.




Physique au top
Dernier paragraphe (totalement subjectif) avec le design de ce Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet. Je l’adore. Ça claque et c’est beau. Particulièrement en Bleu Spectral (à 1 000 €) et avec cette calandre imposante. Le profil avec les touches de chrome souligne le contraste comme il faut. J’ai un peu plus de réserve sur le petit becquet et le bandeau de feux à la poupe mais ça reste anecdotique dans l’ensemble puis on focalise surtout sur la quadruple sortie d’échappement, bien que tristement aphone.



En conclusion
Le Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet brille par son esthétisme, surtout dans cette configuration bleue et crème aux sublimes jantes de 20 pouces. Le confort des sièges, des suspensions et de l’insonorisation lui confère des qualités de GT mais le poids et la latence de la puissance mécanique engendrent un décevant manque de souplesse. Il en est de même pour la sonorité absente. Les matériaux et l’assemblage dans l’habitacle avec des bruits de mobilier réguliers apparaissent indignes d’une version premium. Contrairement au châssis et à la motricité qui répondent largement aux exigences d’un tel modèle.

Toutes les photos du Mercedes-AMG CLE 53 Cabriolet








































