Review

Essai de la Honda-e : la meilleure bagnole (électrique) au quotidien ? On dit oui !Environ 16 minutes de lecture

by 30 avril 2022
Résumé
Marque et modèle

Honda-e

Prix de base

36 670 €

Prix du modèle essayé

39 670 €

Moteur

Electrique

Puissance

113 kW / 154 ch

Couple

315 Nm

Boîte de vitesse

Automatique à 1 rapport

Transmission

Propulsion

0 à 100 kmm/h

8,3 secondes

0 à 200 km/h

Limitée à 145 km/h

Longueur

3,89 m

Largeur

1,75 m

Hauteur

1,51 m

Empattement

2,54 m

Poids

1 537 kg

Km parcourus

430 km

Conso moyenne constatée

17,3 kWh / 100 km

Puissance fiscale

1 CV

La Honda-e, cette citadine électrique japonaise de 154 ch se révèle être une excellente voiture pour la vie quotidienne et surprend par sa (relative) polyvalence.

Déjà tout lu et tout vu de la Honda-e

Si vous êtes là, à me lire, il est fort probable que vous aimiez les bagnoles et la lecture d’essais à leur sujet. Dès lors, depuis sa sortie à l’été 2020, vous connaissez déjà tout de cette mignonne citadine électrique, avec son autonomie limitée et son prix premium. De ce fait, je vais tenter de répondre à 3 questions pour donner un peu de dynamisme à du déjà-lu. Pour cela, je m’inspire d’un article de @Philippe sur la Mustang Mach-E. Elle aussi, déjà connue et déjà critiquée pour une électrique du fait de son patronyme mythique. Poussons l’exercice de façon scolaire et reprenons les codes des dissertations de philo : thèse, antithèse et synthèse. Avec des blagues aussi, promis.

Thèse : pourquoi la Honda-e est-elle aussi charmante ?

Le néo-rétro, maître-mot du style de la Honda-e. Le constructeur japonais reprend les lignes de son best-seller sorti en 1972 : la Civic. Une petite compacte bicorps de 3,54 m avec un hayon. A y regarder d’encore plus près, c’est troublant de ressemblances avec la calandre, les feux et les portes arrière.

Le bleu « cristal » de la Honda-e donne de la couleur et de la profondeur. Les jantes de 17 pouces auraient pu se dénoter par plus d’originalité. Evidemment, il faut aimer le côté « faire du neuf avec du vieux ». On peut aussi valoriser le propos en évoquant « rendre hommage à l’héritage par une création moderne en lien avec son patrimoine ». Je me situe parfaitement dans cette mode et adore entièrement la Honda-e et particulièrement ses rétroviseurs caméras à l’aérodynamique fuselée.

Une nouvelle fois, les goûts esthétiques variant d’un individu à l’autre, il apparait compliqué de mettre tout le monde d’accord. Je pensais que cette bagnole y arriverait, à tort. Elle semble même clivante, une machine sortie d’un manga pour certains, un vulgaire jouet Playmobil pour d’autres. Aussi, on ne parlera pas ici d’Angélik, Chloé et Stéphanie qui ne l’apprécient pas du tout. On évoquera plutôt Jérémy, Benjamin et Olivier qui la trouvent particulièrement « kawaii » que l’on peut traduire par « mignon ».

Un style intérieur à la hauteur de celui extérieur

Si la Honda-e surprend par son allure dans un monde de SUV bodybuildés et de citadines stéréotypées, son intérieur éblouit par son harmonie et sa technologie. Le tableau de bord fantastique avec des écrans sans fin aurait mérité d’être plus réactif au toucher. Les menus d’affichage des compteurs se modifient facilement (sauf quand le GPS indique une direction à moins de 600 m, les changements ne sont plus possibles) et demeurent tous lisibles. La connexion à Android Auto s’opère classiquement. J’entends déjà les vieux cons boomers parler de smartphone sur roues. Oui, les mecs, le monde change et le monde automobile encore plus. Surtout l’usage de la voiture. On y reviendra plus bas.

On reste sur la planche en imitation bois qui contraste les plastiques noirs de l’habitacle. L’ensemble donne une ambiance moderne, élégante limite chaleureuse et paraît de qualité notamment au toucher. Les boutons de volume de la sono (quelconque), du « mute » et de la climatisation restent physiques, ce qui est parfait pour les manipulations. Sauf le rappel inutile et gênant de température qui apparait sur l’écran à chaque changement. Le (grand) toit panoramique apporte une lumière bienvenue.

Les sièges en tissu gris clair et foncé avec des ceintures marrons comblent mes attentes au niveau de l’harmonie et de l’originalité. C’est exactement ce que j’attends dans un modèle aux ambitions stylées. De plus, le confort est assuré entre moelleux et fermeté. Un reproche cependant : l’absence d’accoudoir central. Vous le verrez, cette citadine électrique sort facilement et rapidement des villes. C’est pourquoi, un accoudoir offre du repos appréciable du bras droit lors des longues voies express. Pareil pour le volant trop grand (le coup classique des mêmes pièces pour tous les modèles d’une marque) qui aurait gagné en ergonomie à être plus petit. Des multiples boutons remplacent le levier de vitesses et tombent sous la main intuitivement contrairement à celui du mode sport qui devrait se trouver plus en proximité.

Pendant qu’on y est, le principal défaut de la Honda-e revient aux portières. Ou plutôt à leur bruit de fermeture à cause notamment de l’absence de contour pour amortir. Un son cheap, vraiment low-cost et complétement antagoniste avec le haut de gamme réel de la nippone. Idem pour le coffre, ça claque et ça claque sale. Comme je suis lancé, poursuivons avec le son des poignées escamotables. Elles sont effectivement jolies refermées. S’ouvrant automatiquement à l’approche avec la clé dans la poche, elles deviennent moins pertinentes pour ouvrir la porte. Il faut s’y reprendre à deux fois pour déverrouiller le système. Ou alors, il faut une technique que je n’ai pas acquise en 5 jours. Une fois installé à bord dans un silence total, prêt à partir, leurs fermetures agressent les passagers par un « klüng » infernal. On a la sensation d’être un mousse prisonnier de son sous-marin par une trappe définitivement scellée. Un comble pour une voiture électrique qui apporte tranquillité et facilité à son volant.

Antithèse : où va-t-on avec 180 km d’autonomie en Honda-e ?

Je ne suis ni pour, ni contre la voiture électrique. Bien au contraire. Il s’agit de mon second essai d’une 100 % électrique. Lors de ma première fois, je vous racontais les galères, non pas de l’autonomie, mais de la recharge en Mokka-e. Je ne vais pas vous refaire le coup de ce qui peut mettre à bout. Ma situation patrimoniale n’ayant pas évoluée, je vis toujours en appartement et toujours sans borne à domicile. Ma situation sentimentale n’ayant heureusement pas changée, je partage toujours ma vie avec ma chérie qui réside toujours en pavillon avec un garage. (Oui, on va vivre ensemble un jour, mais ce n’est pas le sujet, hein. Ici, c’est hoonited.com et non closermag.fr).

L’autonomie annoncée de la Honda-e relève d’une blague pour beaucoup : 220 km en entrée de gamme (100 kW / 136 ch) et 210 km pour ma finition Advance (113 kW / 154 ch) selon la norme WLTP. Entre 150 et 180 km selon la norme Novichok à base de voies rapides et de ville. Tout le monde se marre en découvrant ces chiffres. Sauf que personne ne roule 150 km par jour ! Autrement, c’est un métier. Commercial ou routier. Et ce n’est pas en voiture électrique.

A la recherche de sa dose recharge  

Tel un junkie, faut avoir un bon fournisseur. Depuis l’essai de la Mokka-e, des bornes rapides se sont implantées à 1 km de chez moi. Elles indiquent 150 kWh comme précisé par le GPS natif (bien pourri comme à chaque fois) de la Honda-e qui recherchent les bornes à proximité.

Il me faudra encore du temps pour m’habituer à ces nouvelles références comme les tailles des batteries ainsi que leur consommation. Je garde donc mes repères d’un ancien monde. Durant 430 km en 5 jours d’essai, la Honda-e m’indique une consommation de 17,3 kWh / 100 km soit moins d’1,94 l / 100 km si on veut le rapporter à la bonne vieille essence. C’est inédit pour moi, je suis en dessous de la moyenne annoncée par le constructeur avec des chiffres entre 18 et 20 kWh / 100 km. Pour autant, je n’ai pas hésité à profiter du couple de 315 Nm pour m’amuser.

Moins drôle, la recharge. Sur lesdites bornes, on passe de 72 % à 96 % de batterie en 22 min soit un gain de 43 km. Ce n’est pas la folie. La marque annonce 30 min pour remonter à 80 %. Passé ce stade, la charge rapide devient de la charge pas très rapide. Une histoire de protection des batteries pour éviter la détérioration des cellules. Donc 56 min pour une charge pleine. Au domicile (ou chez celui de sa chère et tendre), il vous faudra bien 19 heures pour remplir les 35,5 kWh. C’est trop long. Surtout quand la voiture dort dehors avec une rallonge via une fenêtre de cuisine. Avec un belle wallbox de 11 kW dans le garage, on tombe à 9 heures et c’est bien plus raisonnable pour recharger durant la nuit. Le plein en électrons coûtera 5 € en moyenne soit 40 € de budget mensuel pour 1 200 km.

Synthèse : 39 670 € pour la Honda-e, le juste prix ?

C’est fini la partie chiante de l’essai avec ces contraintes. On passe au pur plaisir qu’est la vie en Honda-e. On y passe par son prix de 39 670 €. Je vous entends déjà « olalala, c’est cher ». Oui, c’est cher, la vie est chère. C’est l’Insee qui l’écrit. Des fraises de Plougastel à 18 € le kilo, ce n’est pas cher peut-être ? La question est de savoir ce qu’on a pour 39 670 €. La réponse ci-dessous.

On a une voiture électrique. Donc forcément, encore aujourd’hui, ça ne rime pas avec bon marché. Chez Hoonited, le patron a testé la plus accessible en France, la Spring à 17 000 €. Imbattable niveau tarif. Battable par le moindre vélo niveau performance. De son côté, @lestagiaire a bien kiffé la Ioniq 5, ce magnifique bestiau à 56 000 €.

Comme beaucoup (toutes ?) de voitures électriques, on peut conduire à une pédale. Celle de droite. En enlevant son pied de l’accélérateur, on peut décider de la puissance de freinage, 3 niveaux pour les experts et 3 niveaux avec les palettes au volant pour les débutants. Particulièrement déroutant au début et étonnamment pertinent rapidement. Dans une logique de fluidité, cette (unique) pédale devient une parfaite alliée.

On a une voiture de 154 ch avec un 0 à 100 km/h en 8,3 secondes et surtout 315 Nm de couple. Une force d’accélération qui fume et écrase une majorité des voitures neuves en France. La moyenne en 2018 étant de 114 ch et 219 Nm pour 11,2 secondes au 0 à 100 km/h. Certes à 26 000 € mais on comprend bien la différence de prix au vu de la puissance. De plus, la Honda-e peut s’utiliser sans passer en mode sport, le mode classique suffisant largement.

Pour les chauds du pavé, la Honda-e le tient parfaitement. Un châssis de qualité qui permet d’assurer une conduite relativement sportive dans les virages malgré son poids élevé. On regrettera des freins pas assez mordants. Attention toutefois aux coups de raquette. Il s’agit d’une propulsion donc on n’accélère pas trop fort dans la courbe avec les roues inclinées. Autrement, les systèmes de sécurité viendront vous corriger et vous sauver.

Une Honda-e technologique

On a une voiture ultra technologique. D’abord, les caméras en guise de rétroviseurs extérieurs, c’est le futur, alors quand on ajoute l’écran en guise de rétroviseur intérieur, c’est de la science-fiction. J’avais été épaté par la vision nocturne de la 508 SW PSE. Aussi, j’ai bien un tropisme avant-gardiste. Dans la Honda-e, ce n’est pas du simple gadget, c’est aidant et reposant.

Les écrans de part et d’autre sont plus proches du champ de vision de la route et amènent un confort de conduite par la qualité de l’image. Il faut cependant s’habituer aux distances avec des perspectives différentes d’un simple miroir. Pour cela, des traits de couleur (orange et rouges) s’affichent et donnent des mesures. Pour le rétroviseur dans l’habitacle, j’ai été gêné par son positionnement, pensant qu’il était inamovible. Il m’a fallu les deux mains pour desserrer un cran et permettre ainsi de le régler selon mes desiderata. Il est possible d’affiner les réglages en choisissant la hauteur et luminosité de l’écran. Cela reste troublant d’avoir les passagers des véhicules suivants aussi présents. Ils semblent être dans ma voiture.

Ensuite, la conduite autonome de niveau 2. Une pleine (ou presque) réussite. Avec le régulateur de vitesse adaptatif et le centrage dans la voie qui s’activent aisément, c’est du confort sur voie rapide et surtout dans les bouchons. Le plaisir de conduite dans tout ça ? Il est où le plaisir dans un trafic ultra saturé ? Nulle part. Alors autant avoir du confort.

Par contre, des bips et des bips réguliers. Légers, plutôt doux et parfois peu compréhensibles. On imagine une distance de sécurité non-respectée ou une des pointillés chevauchés. A ce sujet, le maintien dans la voie se désactive automatiquement quand il comprend que son utilisateur n’a pas une envie folle de rester dans un sillon prédéfini. Contrairement à des nombreuses bagnoles qui bip bruyamment avec coup de volant pour revenir dans l’axe (du bien). Ici, la Honda-e s’exprime : « d’accord, démerde-toi, je ne gère plus ». Puis le système se réactive quand il comprend que le conducteur revient dans le droit chemin.

Pour l’aide au stationnement, ça reste toujours impressionnant. Bon, t’as le temps de faire 8 créneaux tout seul avant que l’opération se mette en place et se finalise par l’ordinateur. De plus, avec seulement 3,89 m ; même moi j’arrive à la garer correctement. Faut dire que son rayon de braquage de 4,30 m apparait tellement hallucinant. On a l’impression de faire demi-tour sur soi-même.

Enfin, pour les débilos comme mon collègue @lestagiaire ; on peut jouer à la console dans sa bagnole. Avec une prise 230V et un port HDMI, à vous les jeux vidéo de Switch ou PS5. Complètement dans l’air du temps. Je vous rassure, l’autonomie ne sera que marginalement amoindrie par cette pratique. On le rappelle, ce qui consomme de l’énergie, c’est de déplacer une masse de 1 537 kg, pas de jouer à Mario Kart.

On a une voiture confortable. Déjà par son silence bluffant. C’est le cas de toutes les électriques et c’est surtout le cas de cette Honda-e à 110 voire 130 km/h. Aucun bruit d’air, nada. Aucun bruit d’air causé par les rétroviseurs puisqu’ils sont minuscules. Contrairement à son coffre de 171 l qui peut s’augmenter en rabattant les dossiers des sièges passagers. Il est vrai que les occupants d’1m80 auront la tête dans le toit… Autrement à l’avant, l’installation est agréable dans cette citadine qui peut largement rouler et rouler. Enfin, si on excepte son autonomie limitée…

Conclusion : la Honda-e est une excellente voiture d’aujourd’hui

La conclusion de ce papier ressemble au titre de l’article, ça tombe bien. La Honda-e démontre une personnalité forte par son design extérieur et son style intérieur. Cette voiture électrique répond à mes attentes pour le quotidien : de la beauté, des capacités, de la facilité et surtout de la fluidité.

C’est la même histoire, pour les week-ends plaisirs de conduite et sensations extraordinaires, je prendrais une GR Supra avec 6 gros cylindres en ligne en sautant dans chaque virage. Pour les longs trajets de vacances, je prendrais une 508 SW PSE avec son confort hybride et son espace invitant aux voyages. Pour la semaine et sans risquer ma vie, ni mon permis ; je prendrais une Honda-e en l’oubliant l’autonomie même à ce prix.

Toutes les photos de la Honda-e

Les plus belles sont réalisées par @lestagiaire.

On aime

+ Le design extérieur et le style intérieur.
+ La facilité et la fluidité en permanence.
+ Le couple et la technologie.

On aime moins

- Les portières bruyantes et le « klüng » des poignées.
- Trop de bips tue le bip.
- L’absence d’un accoudoir central.

L'avis de l'équipe Hoonited
La note de l'équipe Hoonited
La note du public
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Couleur
8.0
10
Extérieur
10
9.0
Jantes
8.0
7.0
Intérieur
10
7.9
Performances
9.0
7.9
Châssis
8.0
8.2
Assumerais-je de rouler avec ça ?
10
10
Prix
8.0
7.0
9.0
La note de l'équipe Hoonited
8.4
La note du public
1 rating
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Novichok
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