Le Dacia Bigster Hybrid devient le plus cher et le plus puissant des modèles de la marque roumaine en se dotant d’une motorisation de 158 ch.

| Marque et modèle | Dacia Bigster |
| Version/finition | Hybrid 155 / Extrême |
| Prix du modèle essayé | 33 800 € |
| Kilomètres parcourus | 480 km |
| Consommation constatée | 5,2 l/100 km |
| Type de moteur | 4 cylindres 1,8 l de 109 ch + 2 moteurs électriques de 49 ch et 20 ch |
| Puissance | 158 ch (155 ch pour l’appellation commerciale) |
| Couple | 205 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique (à crabots) |
| Transmission | Traction |
| Poids à vide | 1 487 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 9,7 s |
| Vitesse maximale | 180 km/h |
Le contexte de l’essai
En octobre 2024, je découvrais le Dacia Bigster lors de sa présentation au Mondial de l’Auto. Je me suis dit que j’allais l’essayer et nous voici en janvier 2026 pour honorer cette prédiction. Niveau esthétique, on continue la montée en gamme avec une apparence harmonieuse, solide, teintée de touches cuivrées (comme chez Cupra) autour du Gris Schiste complétée par des jantes en rosace de 18 pouces.



La filiale de Renault à vocation économique propose un modèle pour les (grandes) familles avec une technologie moderne qui a pour conséquence de gagner le titre du plus cher des véhicules de la gamme. Et aussi le plus puissant avec 158 ch malgré une appellation commerciale qui le rabaisse à 155 ch. Il ne faudrait pas faire de l’ombre au constructeur français bien qu’il s’agisse d’une motorisation partagée, strictement identique. Mais pas totalement.

Le Dacia Bigster Hybrid
Comme son nom l’indique, nous avons de l’hybridation sous le capot. Si vous avez en tête l’hybride E-Tech chez Renault, vous allez vite comprendre. On mise (toujours) tout pour obtenir de faibles consommations. Je vous présente son remplaçant avec un 4 cylindres 1,8 l de 109 ch (pour un couple de seulement 172 Nm du fait de l’absence de turbo et d’un cycle Atkinson) qui est encore accompagné de 2 moteurs électriques (49 et 20 ch) ainsi que de la capricieuse boîte de vitesses multimode à crabots. Pour le nombre de rapports, c’est un cumul de 4 en thermique et de 2 en électrique.
La boîte s’avère encore plus lente et perdue qu’auparavant. Elle semble chercher la dernière vitesse sur voie rapide et peine souvent à passer le rapport supérieur. Quand c’est le cas, on le perçoit. Avec une certaine brutalité. Cela manque cruellement de fluidité. Puis l’ensemble nous assène d’une sonorité excessive. Pas aussi horrible qu’une boîte CVT mais on s’en approche dangereusement.

Peu de couple donc peu d’agrément
Le couple max s’annonce à 205 Nm, ce qui correspond au couple en électrique. On regrette de ne pas en avoir plus sous le pied pour s’insérer et dépasser. Surtout quand ce Dacia revendique 155 ch (158 dans la réalité) et qu’on commence à vouloir les compter un par un. Certes, un SUV familial de 4,57 m n’a pas vocation à gagner toutes les courses entre chaque feu rouge mais on ne serait pas contre plus d’agrément.
C’est d’ailleurs toute l’ambiguïté de cette version à 33 800 € en finition Extrême : compétitive et frustrante. Compétitive pour le tarif car elle offre des prestations inégalables avec ce gabarit et frustrante car on voudrait mieux pour son argent. Dacia arrive sûrement à un palier critique dans mes représentations. Un rapport qualité/prix qui se restreint avec des performances limitées et un tarif en hausse. Peut-être que la version TCe 140 reflète davantage le bon compromis.


La vie à bord
Qu’importe la motorisation, on aura ces similitudes dans l’habitacle. Commençons par l’écran de 10,1 pouces. Simple et ergonomique. Des bons points. Lent et peu chatoyant. Des mauvais points. Pour le volant chauffant, il fallait entre 3 et 4 clics pour l’activer. Aucune coupure avec Android Auto sans fil et une sono basique. L’instrumentation numérique de 7 pouces derrière le volant intègre Google Maps et répond aux attentes tout comme le régulateur adaptatif bien qu’il oblige à plusieurs manipulations peu intuitives pour l’engager.






Évidemment, chez Dacia, le plastique dur est roi. C’est le jeu et ça ne me dérange pas. Comme les quelques bruits de mobilier ou les mauvaises caméras sur tous les côtés. On ne peut pas trop en exiger. Par contre, j’aurais voulu les mêmes sièges que dans le Duster. L’assise du Bigster est inconfortable, ferme et sans maintien latéral. Je n’ai pas d’explication car on dirait vraiment les mêmes sièges que dans le Duster. Peut-être avec un peu moins de mousse ? En écrivant mousse, je pense à un matelot et à une bière. Ai-je envie d’une croisière ? Sûrement mais pas en Bigster, à cause des bruits du moteur et d’air.


Dacia Bigster Hybrid : les bruits, les bruits et les bruits
Oubliez les longs trajets en Dacia Bigster Hybrid. Déjà par le bruit du moteur thermique. Particulièrement après 110 km/h. Ensuite par les bruits d’air sur les montants et enfin par les bruits d’air sur le rétroviseur conducteur. On sature rapidement de tout ce boucan. Par contre, la bonne insonorisation des trains roulants surprend. Mais pas suffisamment pour compenser le volume sonore du Bigster. Par ailleurs, on a aussi un léger sifflement des moteurs électriques à faible allure.

Tenue de route sécurisante et prévenante
Avec un 0 à 100 km/h en 9,7 s, ce Dacia Bigster Hybrid ne devrait pas être couronné du surnom de « fusée » et très étonnamment, il pourrait prétendre au titre de « TGV ». Il file sur des rails. Assez précocement, j’ai perçu que ce SUV ne souffrait pas de roulis, c’est rare pour être souligné. Puis dans un virage pris trop vite, il n’a pas du tout bronché en gardant des appuis sûrs. Plus tard, j’ai ambitionné de le secouer et surtout de dépasser les bornes pour m’assurer des premiers ressentis. Malgré une direction peu engageante, le châssis confirme sa prévenance et apporte une tenue de route absolument sécurisante. Je ne vous imagine pas faire le débile avec les gamins à l’arrière mais sachez qu’en cas d’évitement ou de conduite inadaptée, vous devriez retomber sur vos pieds.


Dans un monde plus normal, vous apprécierez le confort des suspensions et surtout le grand espace offert par ce Bigster. C’est dans son nom et ce n’est pas usurpé. On a de la place à l’avant, à l’arrière, même pour 3 adultes et surtout dans le coffre. On passe de 546 litres à 1 851 litres au besoin, avec aussi des boutons à tirer dans le coffre pour rabattre les sièges. Pour la première fois de l’histoire chez Dacia, on profite d’un toit ouvrant panoramique. C’est exactement ce qu’il manquait à l’habitacle sombre du Duster. En parlant de lumière, on dispose même d’un accessoire à fixer sur le hayon pour y voir encore plus clair.




L’hybridation et les consommations
Dacia ne propose pas d’auto hold, ce frein de stationnement automatique lorsqu’on est à l’arrêt. Sur ce type de motorisation avec une boîte automatique, ça devrait être comme les antibiotiques. Ah bah non, ma comparaison ne fonctionne pas. En effet, ça devrait être de série. Autrement, sur les voitures hybrides, on bénéficie parfois d’un mode Brake pour ralentir fortement en relâchant l’accélérateur. Cette puissance varie. Sur le Bigster, c’est léger. Très léger.
Dès lors, il faut clairement adopter une conduite apaisée pour ne pas brusquer la mécanique. Les consommations vous remercieront, bien qu’elles soient minimes quel que soit l’usage. Une nouvelle réussite pour Renault/Dacia avec une moyenne à 5,2 l/100 km après 480 km avec des trajets mixtes comprenant toutes les situations : bouchons, ville, réseau secondaire et autoroute. Le panel s’étend de 4,6 l/100 km à 6,2 l/100 km sans jamais d’écoconduite. Un résultat similaire au Lexus LBX, plus petit et moins puissant. Avec 50 litres de réservoir, on dépasse les 900 km d’autonomie.



En conclusion
Le Dacia Bigster Hybrid favorise les consommations (avec succès) au détriment de l’agrément. La boîte de vitesses automatique déçoit par sa lenteur. Le manque d’insonorisation se ressent quotidiennement au niveau des moteurs et des bruits d’air. L’assise inconfortable ne favorise pas non plus les longs trajets. On trouve toutefois une habitabilité sans faille pour les grandes familles ainsi qu’une tenue de route sécurisante. Pour autant, j’ai la sensation qu’il a vu trop grand.

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