L’Alfa Romeo Junior Veloce développe 280 ch pour se positionner sur le (rare) marché des SUV compacts 100 % électriques à vocation sportive.

| Marque et modèle | Alfa Romeo Junior |
| Version/finition | Veloce |
| Prix du modèle essayé | 50 750 € |
| Kilomètres parcourus | 386 km |
| Consommation constatée | 21,2 kWh/100 km |
| Type de moteur | 1 moteur électrique |
| Puissance | 280 ch |
| Couple | 345 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique |
| Transmission | Traction |
| Poids à vide | 1 614 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 5,9 s |
| Vitesse maximale | 200 km/h |
Le contexte de l’essai
Grâce à Alfa Romeo France, on avait pu découvrir l’entièreté de la gamme durant une seule journée, en avril 2025. À cette occasion, j’avais pu prendre le volant du Junior Veloce et mon constat était le suivant : très sympa, surtout pour le châssis mais beaucoup trop raide pour le quotidien. Dès lors, pourquoi le reprendre pendant une semaine alors que la conclusion semblait déjà définitive au bout d’une heure ? Eh bien pour vérifier ma première opinion. Spoiler (qu’il n’a pas) : c’est exactement la même en pondérant (malheureusement) le côté « très sympa ».



Alfa Romeo Junior Veloce
Je vous présente la bête. Enfin, la bête, façon de parler car si on se limite à la puissance, 280 ch, c’est quasiment la norme pour une berline électrique. Voire même pour un SUV électrique. Toutefois, comme en thermique, la puissance du moteur ne veut pas forcément dire sportivité. Et c’est ici qu’on rentre dans le dur. On aura chacun sa définition de sportivité.
Pour ma part, c’est quand ça va vite, tout le temps, en ligne droite, comme en virages. Donc pour la ligne droite, avec 5,9 secondes de 0 à 100 km/h, on peut cocher la case. Même si celle-ci se discute aussi quand un Tesla Model Y ou une Smart #3 réalisent ce même temps. Par contre, là où il s’agit d’aller vite en virages, l’Italien devance largement ses homologues électriques.


L’incroyable châssis
En passant de la version Electtrica (classique de 156 ch) à la Veloce, mon étonnement fut immense entre les différences de châssis. Le premier, très souple, très confortable avec énormément de roulis. Le second, à l’opposé, très raide, très ferme et surtout très efficace (à l’inverse du Volvo EX30 Cross Country). Je n’ose comparer avec la Civic Type R mais j’ai retrouvé des éléments similaires au volant de ces tractions.
Plus tu en demandes, plus il en donne. Je ne sais pas où sont les limites sur ce Junior Veloce tant la rigueur est présente. De plus, les pneus Michelin Pilot Sport EV performent comme des Michelin Pilot Sport, surtout sur le sec. La motricité s’avère bien gérée et on en perd un peu sur le mouillé. Rien de méchant. Par contre, la direction ne vaut pas celle de la Japonaise, bien qu’elle se situe dans le haut du panier des SUV électriques, souvent peu informatifs à ce niveau.

C’est marrant un Alfa Romeo Junior Veloce ?
J’arrive à ma partie rabat-joie. Est-ce qu’on s’amuse en pilotant un Junior Veloce ? Moi, non. Je crains que le débat entre le thermique et l’électrique vienne encore foutre la merde. J’adore l’électrique pour son couple immédiat mais celui du Veloce de 345 Nm s’obtient en écrasant absolument la pédale d’accélération et sa linéarité restreint toute sensation de vitesse. Si on pose les yeux sur le compteur, bien sûr qu’on va vite. Sauf qu’on ne ressent presque rien. L’absence de sonorité doit y jouer. Et je ne veux pas du sifflement intempestif du moteur électrique, surtout à la décélération. Il existe aussi un faux son sport, pire que tout.
L’inconfort provient majoritairement des suspensions. Plus raides que raides. Ça tape et ça tape, tout le temps. On peut l’envisager en mode Dynamic (DNA chez Alfa avec Natural pour Normal et Advanced Efficiency pour Eco qui coupe toute la puissance) mais absolument pas au quotidien. De plus, les énormes jantes de 20 pouces rajoutent une couche. Puis les sièges baquets Sabelt (beaux, enveloppants, électriques et chauffants) avec une colonne dorsale trop proéminente terminent le summum de l’inconfort. Rien de marrant dans tout cela.


La partie électrique digne de Stellantis
Chez Stellantis, on mutualise et on photocopie. On partage des plateformes communes entre thermique, hybride et électrique. Et on sent bien que la partie électrique n’est aucunement travaillée. Mon expérience avec la Fiat 600e formulait déjà ces mêmes reproches. Absence de la fonction Auto Hold, de One Pedal et surtout, un mode Brake aléatoire ou insuffisant, qu’il faut réenclencher après chaque redémarrage. On perd complètement l’intérêt de fluidité en électrique.


On se retrouve avec une copie d’un thermique limité à 240 km d’autonomie pour 50 750 € et avec une recharge trop lente. En effet, 100 kW en DC max donne une recharge de 20 à 80 % en 27 min d’après le constructeur. De mon côté, j’ai rechargé uniquement sur prise renforcée de 2,3 kW donc 22h pour récupérer 270 km théoriques. Avec une consommation moyenne à 21,2 kWh/100 km (souvent identique, quelle que soit la typologie de trajet), on sera vite contraint par la batterie de 54 kWh. En été, on peut espérer 300 km mais rien de plus et bien moins sur autoroute. La polyvalence n’existe pas dans le champ lexical du Junior Veloce.


La vie à bord de l’Alfa Romeo Junior Veloce
Toutefois, avec 400 litres de coffre et 1 256 litres en abaissant les sièges, c’est pas mal du tout pour le gabarit. Le plus critiquable reste l’espace pour les passagers, tant l’habitacle à l’arrière apparaît exigu pour des adultes. Les nièces adolescentes de Miss Novichok ne se sont pas plaintes mais je ne leur fais pas confiance sur ce sujet. Par contre, vous pouvez me croire sur parole au niveau de l’assemblage de qualité car aucun bruit de mobilier à constater. Les matériaux sont aussi du même niveau (sauf sur quelques parties basses) et l’ensemble reste sobre. Contrairement aux nombreux (petits) bips pour la fermeture ainsi que pour le hayon électrique.



On coupe facilement l’alerte de vitesse grâce à un maintien sur le bouton « voiture » et on désespère encore de cet écran lent de 10,1 pouces, semblant dater de 2016 avec une iconographie obsolète. On se console (vaguement) avec le bouton mute sur le volant et l’instrumentation numérique lisible de 10,25 pouces avec des boutons sur les commodos pour changer l’affichage comme sur ma Peugeot 207 de l’époque (2009).




Quasiment pas de coupure sur Android Auto sans fil. La sono fait le boulot quand l’insonorisation se dégrade après 110 km/h. On perçoit un peu trop les bruits d’air. La caméra 360 prend toujours un temps certain pour afficher vraiment les 360 degrés mais suffit pour manœuvrer les 4,17 m. Les feux n’éclairent que moyennement et c’est assez étonnant pour le souligner.


Le physique affirmé
On termine cet essai avec un mot sur le design de l’Alfa Romeo Junior Veloce. En Rouge Brera avec le toit noir (option à 1 350 €), le contraste fonctionne parfaitement. La calandre creusée par le logo Alfa et l’arrière surmonté par des feux en boomerang donnent un physique affirmé dans un monde (très) dense de SUV compacts. Les jantes aux dessins fins laissent un vide trop marqué à mon goût.


En conclusion
L’Alfa Romeo Junior Veloce manque bigrement de polyvalence à ce tarif et propose des prestations électriques insuffisantes (autonomie, recharge, mode Brake) pour se satisfaire uniquement de son incroyable châssis. En effet, la raideur des suspensions, la taille des jantes et la forme des sièges amènent un inconfort permanent que la qualité des matériaux et de l’assemblage dans l’habitacle ne peut compenser. Ce SUV compact arrive toutefois à se démarquer stylistiquement mais cela ne suffit pas pour le recommander.

Toutes les photos de l’Alfa Romeo Junior Veloce

































