La version diesel (210 ch) de l’Alfa Romeo Giulia Q4 perd de son attrait mécanique mais la berline demeure encore et toujours la plus belle depuis 10 ans.

| Marque et modèle | Alfa Romeo Giulia |
| Version/finition | Q4 diesel / Veloce |
| Prix du modèle essayé | 67 100 € |
| Kilomètres parcourus | 1 755 km |
| Consommation constatée | 6,2 l/100 km |
| Type de moteur | 4 cylindres 2,2 l |
| Puissance | 210 ch |
| Couple | 470 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique à 8 rapports (ZF8) |
| Transmission | Intégrale |
| Poids à vide | 1 565 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 6,8 s |
| Vitesse maximale | 235 km/h |
Le contexte de l’essai
Pour tester des bagnoles grandeur nature, rien ne vaut un bon millier de kilomètres avec des trajets en ville et à la campagne mais aussi dans les bouchons et sur autoroute. Pour cela, je me sacrifie une ou plusieurs fois par an pour me rendre dans la maison familiale de Miss Novichok à Arcachon. C’est pas une vie facile de profiter du bassin, de ses huîtres et de ses glaces, sans parler des plages océanes du Cap Ferret ou de Biscarrosse. Ce voyage type permet le jeu des comparaisons et surtout de vivre suffisamment avec la caisse pour absolument tout observer.

Alfa Romeo Giulia Q4
Pour ce premier trajet 2026 vers la Gironde, impossible de trouver une plus belle berline. La Giulia fait l’unanimité à chaque sortie sur les réseaux sociaux et surtout dans la vie. Je ne suis pas Alfiste mais j’aime beaucoup le style de cette auto de 2016. Elle ne vieillit pas et je suis prêt à parier qu’elle sera encore désirable en 2036. Particulièrement avec son Vert Montreal iconique. La plus jolie couleur au catalogue. Celle testée en Quadrifoglio avec son V6 de 520 ch par @LeStagiaire. Il avait d’ailleurs commencé par la version Q4 essence (en rouge) de 280 ch. On avait tourné ensemble et j’aimais le comportement BMW, typé plaisir de conduite. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé cette même sensation. La faute évidemment à ce moteur diesel, pas au niveau attendu.


Le diesel de l’Alfa Romeo Giulia Q4
Commençons par rappeler mes antécédents : une détestation des 2 500 km passés dans l’Alfa Romeo Stelvio en juin 2024. Avec exactement ce même moteur, le 4 cylindres 2,2 l de 210 ch. Je vous rassure. C’est moins dramatique dans la Giulia. Je n’ose dire que c’est mieux mais c’est le cas. Ce diesel devient moins bruyant et surtout moins vibrant. Il ne dérange plus à chaque trajet. Toutefois, il demeure encore pataud à bas régime et donc spécifiquement pour se mouvoir en zone urbaine. Pour les relances, on perçoit aussi une latence.
J’ai voulu accuser la boîte auto ZF8 (avec notamment le ressenti marqué du passage des rapports) mais celle-ci n’est finalement pas à blâmer. Ou alors, pas complètement car il faut dépasser un certain seuil pour trouver les 470 Nm de couple. Sur la fiche technique, c’est à 1 750 tr/min. Dans la réalité, on a l’impression d’attendre le double pour enfin s’extraire à la bonne allure. Dans tous les cas, ce moteur manque d’agrément et cela pénalise le plaisir au volant. Les diesels Audi, Mercedes et surtout BMW, même moins puissants, sont loin devant.


Le fameux châssis
En plus d’être la plus ravissante, la Giulia jouit d’une autre réputation valorisante : un super châssis. Alors oui. Et non. Oui car cela s’avère toujours vrai mais non avec cette motorisation. Est-ce qu’on va vraiment bombarder avec un diesel 2,2 l ? Je l’ai fait une fois avec la BMW M440d et son 6 cylindres en ligne 3 l de 340 ch. Un autre monde avec un 0 à 100 km/h en 4,6 s quand il en faut 6,8 à l’Alfa. Puis le couple fou de 700 Nm change tout. Bref, on profite tout de même d’une motricité sans faille sur la Giulia avec une transmission intégrale. Elle favorise normalement la propulsion mais on doit jouer un peu fort pour le percevoir.




Par contre, dans toutes les conditions, même avec des jantes de 19 pouces, les suspensions offrent du confort. Légèrement fermes, comme j’aime. Naturellement, aucun roulis à signaler, ce n’est pas un vulgaire SUV. Cependant, on manque d’un hayon pour charger facilement dans le coffre de 480 litres. Sa forme alambiquée n’aide pas pour les valises et on devra baisser les sièges à l’arrière pour gagner en volume. Ceux à l’avant sont confortables même si le chauffage ne fonctionne quasiment pas malgré 3 niveaux d’intensité. On pourra se réchauffer les mains avec le volant (et se les coller sous les fesses mais pas évident de continuer à conduire dans ces conditions).


Les consommations de l’Alfa Romeo Giulia Q4
Si on n’a pas le caractère coupleux du diesel, on se console avec les consommations espérées. Après 1 755 bornes, le résultat tombe à 6,2 l/100 km. Soit le meilleur score ex-aequo pour des versions 100 % thermiques avec les Volkswagen T-Roc et Tiguan de 150 ch. Sinon, le Mercedes Classe E Break poutre tout le monde avec son diesel micro-hybridé et ses 5,1 l/100 km.


Revenons à notre Alfa pour détailler les 500 km d’autoroute à l’aller en 6,3 l/100 km et seulement 5,7 l/100 km au retour sur la même distance. Le vent dans le dos doit forcément jouer sur ce score assez surprenant. L’insonorisation est parfaite entre 50 et 100 km/h. Ça devient moyen à 130 km/h. Comme pour le régulateur adaptatif. Le réservoir de 52 litres offre donc près de 900 km d’autonomie. En ville, on monte à 7 l/100 km. Je trouve cela acceptable pour ce segment.


La vie à bord
Ce qui s’avère beaucoup moins acceptable, ce sont les (nombreux) bruits de mobilier (uniquement sur la console centrale qui couine et qui grince), l’écran daté de seulement 8,8 pouces (dont une ridicule caméra de recul) et les aides à la conduite pourries pour un véhicule à 67 100 € dans cette finition Veloce. Déjà en 2016 (puis en 2019), l’infodivertissement devait être obsolète alors en 2026… Les restylages n’ont pas apporté Android Auto sans fil donc on doit encore se connecter avec un câble. Le tactile est ultra lent et souvent déconnant mais la molette facilite la navigation dans une ergonomie torturée.





Une sorte de raccourci existe pour couper l’alerte de vitesse mais il faut faire preuve de patience. Le bouton start/off se situe sur le volant contrairement au bouton mute. Le levier de vitesse est agréable et les énormes palettes se révèlent anecdotiques et gênantes pour l’accès aux commodos. Ceux des clignotants ne s’engagent pas franchement comme sur la Volvo EX30 et leur son agaçant ressemble à du Stellantis.

Les bips, toujours les bips
On continue avec les spécificités stellantisiennes avec des bips non déconnectables pour verrouiller la voiture. Ça me dépasse que ça existe encore mais là, j’en avais un double et un simple au déverrouillage avec une sonorité de micro-ondes. J’espère que c’est lié à l’alarme et non au modèle depuis 2022. Si c’est le cas, c’est rédhibitoire pour moi. Insupportable au quotidien.
Autant insupportable que l’alerte collision qui s’enclenche à chaque fois qu’on ne freine pas assez fort pour l’Italienne. Même si on arrive au ralenti sur une voiture qui nous précède, ça sonne. Les réglages ne changent rien et il faut la couper à chaque redémarrage et à l’arrêt. Toutes les ADAS sont du même niveau avec des bips nombreux et trop longs. Je ne sais pas comment on peut bâcler autant cette partie. Et pas la peine de dire que c’est la norme européenne GSR2 qui l’impose quand les autres constructeurs gèrent mieux ces contraintes.


En conclusion
Pour la plus belle berline du monde (encore en 2026), prenez la version Q4 essence de 280 ch. L’Alfa Romeo Giulia Q4 essayée en diesel manque d’agrément par son caractère trop pataud à bas régime et pour les relances. On garde tout de même un châssis affûté et une motricité sans faille grâce à la transmission intégrale. Nonobstant, à ce tarif, l’écran lent et daté ainsi que les bips nombreux et les aides à la conduite intrusives ou défaillantes deviennent des éléments intolérables pour prétendre à un positionnement premium.

Toutes les photos de l’Alfa Romeo Giulia Q4







































