Le Renault Symbioz E-Tech Full Hybrid reprend la motorisation du Dacia Bigster et améliore son agrément, forcément.

| Marque et modèle | Renault Symbioz |
| Version/finition | E-Tech Full Hybrid / Esprit Alpine |
| Prix du modèle essayé | 43 415 € |
| Kilomètres parcourus | 395 km |
| Consommation constatée | 5,7 l/100 km |
| Type de moteur | 4 cylindres 1,8 l de 109 ch + 2 moteurs électriques de 49 ch et 20 ch |
| Puissance | 158 ch (160 ch pour l’appellation commerciale) |
| Couple | 265 Nm |
| Boîte de vitesses | Automatique (à crabots) |
| Transmission | Traction |
| Poids à vide | 1 421 kg |
| Accélération (0 à 100 km/h) | 9,1 s |
| Vitesse maximale | 180 km/h |
Le contexte de l’essai
Après avoir découvert la nouvelle mouture de l’hybridation E-Tech avec le Dacia Bigster 155 ch, j’ai voulu comparer avec le Renault Symbioz de 160 ch. Malgré les appellations commerciales différentes, il s’agit bien de la même motorisation de 158 ch, en réalité. Étonnamment, c’est bien le SUV roumain qui a eu la primeur puis les SUV français avec le Captur et le Symbioz avant d’arriver sur la Clio VI.

Le Renault Symbioz E-Tech Full Hybrid
Chez Renault, les motorisations hybrides brillent par leurs faibles consommations et leur agrément discutable du fait d’une boîte automatique désagréable et d’une insonorisation trop faible. Avec cette version perfectionnée, on change un peu et on ne change pas grand-chose. On passe d’un 4 cylindres 1,6 l de 94 ch (comme sur le Captur) à un 4 cylindres 1,8 l de 109 ch.
On garde un cycle Atkinson (donc sans turbo) pour favoriser les moindres dépenses énergétiques. L’ajout de deux moteurs électriques permet de sortir 265 Nm de couple cumulé contre 205 Nm de couple électrique pour le Duster. Je ne sais pas si c’est encore une communication volontaire du groupe Renault mais je sais qu’on perçoit immédiatement la différence entre les deux SUV du même poids (1 421 kg vs 1 487 kg et 9,1 s contre 9,7 s pour le 0 à 100 km/h).

Réactivité et consommations
Le Symbioz offre un ressenti plus réactif et donc plus sécurisant. Particulièrement en mode Sport (qu’on engage via le bouton Multi-Sense sur le volant). D’ailleurs, j’ai sûrement dû trop en profiter car mes consommations se sont situées à 5,7 l/100 km après 395 bornes contre 5,2 l/100 km pour le Bigster Hybrid. Ce score m’apparaît légèrement trop élevé par rapport à un usage normal. Je chipote car cela demeure correct. D’autant plus que j’ai régulièrement effectué des trajets périurbains à 5 l/100 km. Mais sachez que vous ferez sûrement mieux que moi, en parent responsable.


Habitabilité et coffre
Attention à son physique un peu trompeur car ce SUV mesure 4,41 m. Il fait donc partie de la moyenne haute du segment C entre compact et familial. Comme vous me demandez mon avis, je le range clairement dans la catégorie des voitures familiales grâce à son excellente habitabilité pour son registre. Indubitablement, lorsqu’on dispose d’une banquette coulissante (de 16 cm), on ne peut que gagner des points. Au choix, on privilégie l’espace aux jambes des passagers ou le volume du coffre. Celui-ci revendique 624 litres et passe même à 1 582 litres avec les sièges rabattus. Clairement aucun reproche à formuler ici tant pour la capacité de rangement que la place disponible pour les occupants. Il améliore donc les prestations du Captur.




La vie à bord du Renault Symbioz E-Tech Full Hybrid
Première fois que je teste le fameux Solarbay. Ce toit panoramique s’opacifie à la demande, soit totalement, soit partiellement à l’avant ou à l’arrière. Malheureusement, durant ma semaine d’essai, je n’ai jamais vu le gros truc jaune dans le ciel qui m’aurait permis d’apprécier (ou non) l’intérêt de la chose (en option à 1 500 €). Je vous renvoie vers la présentation officielle pour bien visualiser cette technologie innovante, qu’on retrouve en plus perfectionnée sur la Porsche Taycan avec son petit sobriquet de Sunshine Control.


Dans l’habitacle, le petit levier PNDB (pour Brake mais sans vraiment ralentir le véhicule à la levée de l’accélérateur) tombe bien sous la main tout comme l’intemporel commodo d’audio avec un bouton mute. Le double clic sur le côté gauche coupe les différentes aides à la conduite (selon sa personnalisation) après chaque démarrage. La caméra 360 manque de précision dans sa résolution et on pourrait craindre l’accrochage à trop s’y fier. Aucun risque de se prendre le hayon électrique sur la tête car il hurle ses bips à chaque ouverture/fermeture. Les voisins sont ravis le matin et le soir. Je suis prêt à payer pour faire supprimer cette connerie sans nom.



Finitions et ergonomie
En version Esprit Alpine à 43 415 €, les finitions semblent qualitatives. On constate certes une inégalité dans la valeur des matériaux mais c’est du très bon niveau avec un assemblage sans débat au vu de l’absence de bruit de mobilier, contrairement à Dacia. Et heureusement vous allez me dire. Je préfère toutefois le préciser car je suis encore traumatisé par l’Austral et ses nombreux bruits parasites (contre-portes, accoudoir, console centrale).


Renault continue d’implanter le meilleur système d’infodivertissement du marché avec OpenR Link et tous les services Google. De ce fait, jamais de déconnexion (le son Harman Kardon n’a rien de folichon) avec Android Auto sans fil. Tout est beau, réactif et ergonomique comme l’affichage du trajet dans les compteurs et aussi le réglage de la climatisation par des boutons physiques. Cependant, la soufflerie continue d’être trop bruyante, même à faible puissance.


Insonorisation à travailler
Le vieux slogan « avec Renault, chaque jour un bruit nouveau » pourrait se transformer par « avec Renault, un bruit au fil de l’eau ». Absolument tous les modèles Renault souffrent d’une mauvaise ou d’une médiocre insonorisation. Donc dès 100 km/h, on perçoit les bruits d’air et le Symbioz ne fait pas exception. Heureusement, le bruit du moteur bénéficie d’un meilleur traitement que chez Dacia. Et heureusement vous allez me dire.
Dans le genre généraliste, la marque au losange devrait copier les pare-brises acoustiques de chez Stellantis. Ce défaut récurrent commence à devenir rédhibitoire pour des véhicules aussi voyageurs. Avec 48 litres de réservoir, l’autonomie dépasse les 850 km donc de quoi se balader sur de longues distances. Enfin, si la boîte à 4 rapports veut bien passer la dernière vitesse et descendre dans les tours. Même en ville, elle manque de fluidité. Là encore, cette technologie peine à satisfaire la demande de quiétude légitime à ce niveau de gamme.



Renault Symbioz E-Tech Full Hybrid : fade à regarder et à conduire ?
Pour le physique du Symbioz, j’ai envie de le résumer à un SUV gris. Rien d’enthousiasmant et rien de pénalisant. Il pourra se fondre dans la circulation avec son design dans l’air du temps. Le Gris Rafale (à 900 €) ne m’a pas bouleversé tout comme sa conduite, très neutre. Un peu beaucoup à la Volkswagen. On note le roulis si on lui demande de l’engagement. Nonobstant ces éléments, on devine le public acheteur : des vieux. Ou alors des parents – futurs vieux. Donc très bien pour eux.
Le style des jantes Elixir de 19 pouces se conforme à la mode mais nuit au confort par leur taille excessive. L’absence de gomme suffisante engendre une dureté sur toutes les parties défoncées du bitume. Il faut sûrement descendre sur du 18 pouces pour apprécier les suspensions correctes.


En conclusion
Ce Renault Symbioz E-Tech Full Hybrid répond aux attentes du marché en proposant un SUV habitable grâce à sa banquette coulissante et son coffre généreux. La technologie hybride continue de performer au niveau des consommations mais de décevoir par l’absence de fluidité de sa boîte automatique. La mauvaise insonorisation se fait entendre sur voies rapides et la caméra 360 n’aide pas pour stationner en ville. Autrement, sa puissance présente s’agence correctement avec une conduite relativement neutre et finalement sans grande saveur mais est-ce un écueil pour les potentiels acheteurs ?

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