Review

Essai Alfa Romeo Giulia Q4 Veloce : l’Eros Ramazz’automobiliEnviron 15 minutes de lecture

by 16 janvier 2024
Résumé
Marque et modèle

Alfa Roméééééo

Prix de base

47 450 euros en diesel et 54 950 euros en essence

Prix du modèle essayé

67 000 euros (63 200 euros hors options)

Moteur

2.0 L essence turbo 4 cylindres

Batterie

ou guitare

Carburant

SP 98 ou du SP 95 pour les mécréants

Puissance

280 ch à 5 250 tr/min

Couple

C'est très indiscret mais si vous insistez 400 Nm à 2 500 tr/min

Boîte de vitesse

ZF8 automatique à double embrayage

Transmission

4 roues motrices (qui se comporte comme une propulsion)

0 à 100 kmm/h

5,2 secondes

0 à 200 km/h

22 secondes sur route fermée évidemment

Vitesse max

240 km/h mais pas vérifié lors de l'essai, faut pas déconner

Dimensions

Non je ne le dis pas

Longueur

4 643 mm

Largeur

1 860 mm

Hauteur

1 450 mm

Empattement

2 820 mm

Poids

1 545 kg

Réservoir

58 litres

Km parcourus

Environ 500 km

Conso moyenne constatée

13,5 L/100 km

CO2

aux deux ?

Puissance fiscale

17 cv

L’Alfa Romeo Giulia, dans cette robe rouge et cette version Q4 Veloce de 280 ch a été mon petit rayon de soleil automobile de 2023. J’avais peur d’être tristement déçu en l’essayant, j’ai été tristement déçu en la rendant. Le mythe Alfa existe. La caisse est désirable, mais pas parfaite. D’ailleurs, une chose parfaite peut-elle être désirable ?

J’idéalisais Alfa Romeo et j’attendais énormément de cette Giulia Q4 Veloce de 280 ch. Mais les hautes attentes sont les prémices d’immenses déceptions. Ce fut le cas pour GOT par exemple, ou Disneyland. Elle s’est pourtant avérée être à la hauteur. Comme une pizza un soir de printemps, dans un petit resto italien longeant les abords d’une petite rue pittoresque. Alfa a créé la voiture la plus désirable du marché grand public, et probablement la dernière bagnole sentant la passion automobile, telle qu’elle l’était avant que le monde ne bascule totalement dans un conformisme chiant.

Alfa Romeo Giulia Veloce : perché ti amo ?

Ah l’Italie : sa nourriture, ses petites rues pittoresques, son langage chantant, ses chansons d’amour pleines de vocalises, ses fachos dans les stades de foot et ses sublimes voitures aussi capricieuses que ses habitants.

D’ailleurs fun fact : Alfa Romeo naquit parce qu’un français, Alexandre Darraq a cru pouvoir vendre deux voitures discrètes à des gens qui parlent fort. Le gars a senti le vent tourner et mit sa boite en liquidation. L’atelier qu’il avait construit à Milan est alors racheté par Anonima Lombarda Fabbrica Automobili (A, L, F, A qu’est-ce que ça peut vouloir dire ?). C’est encore la mouise et Alfa est à nouveau liquidée et rachetée (2 fois en 6 ans). Mais pas par n’importe qui. Par un petit gars à la grande moustache soyeuse (qui sortait de l’école Polytechnique de Naples ET de l’école Polytechnique de Liège) qui la rachète en 1915. Son nom : Nicola Romeo.

Le parc presse de Stellantis est au bout du monde, au rond point, à gauche. Après 2 heures et 30 minutes de périple, je suis face à cette beauté. Chaque éclat du rouge Alfa métallisé renvoie un festival de lumière dans mes petits yeux qui brillent tout autant. La config est parfaite et accrochez-vous : le rouge Alfa, les jantes « Competizione » (ça veut dire compétition) et les étriers rouges sont de série. Le tarot frérot : 63 200 euros, avec un intérieur premium à 2 300 € (cuir sur la planche de bord et système 14 HP par Harman Kardon) et pack Executive à 1 500 € (antivol + conduite autonome niveau 2).

Je tourne autour, l’appareil photo en mains, tel @Novichok dans une Porschery. J’ouvre la porte et m’assoie au volant. La radio passe alors la chanteuse Sarà et son fameux titre Perché Ti Amo (true story).

Quand on vous dit que la bagnole est une religion.

Bien assis, on se laisse guider Alfa

Le premiers tours de roues ne sont pas déroutants. L’excellente boîte ZF8 me rend nostalgique d’une boite manuelle. Quitte à kiffer, autant débrayer (phrase à mettre sur un t-shirt). La position de conduite est parfaite et pour une fois mon séant est à ras du bitume. Les jambes sont presque tendues : nous sommes à mi-chemin entre une berline routière et une sportive. Les quarante-douze possibilités de réglages me permettent de caler mon quintal dans le siège en cuir à l’assise à la fois confortable mais dense.

Les 280 ch sont mignons, mais ça n’envoie personne en enfer. De quoi perdre son permis sans violence. Il y a bien 3 modes appelés D, N et A. Le D étant le mode sport et le A étant le mode éco. Vous aurez envie du D ou du N. Le « A » étant vraiment trop faiblard. Côté ergonomie chelou, pourquoi avoir mis la sélection des modes sur la console centrale et le bouton de démarrage sur le volant et non l’inverse ?

L’insonorisation est excellente et j’en ai même regretté que le 4 cylindres ne nous fasse pas plus écouter ses vocalises. La boîte est réactive. La voiture est lourde, mais le châssis est conçu pour gérer un V6 Féfé de 510 bourrins. Alors le titiller avec la version « entrainement » ne lui fait aucun effet. L’arrière de la caisse se place en courbe comme un train sur des rails. Les sensations au volant nous transmettent tout ce qu’il se passe au sol, du petit caillou à la différence de revêtement. En arsouillant, sur des routes fermées évidemment, la voiture se rit de mes compétences inexistantes de pilote de 29 février.

… mais il faut freiner bêta

Je roule, j’enchaine les virages et mon visage commence à avoir une crampe. Les zygomatiques ne se détendent plus. C’est sûrement ça qu’on appelle le bonheur. Le volant est un régal à tenir, les éléments que l’on touche ont fait l’objet d’un soin particulier et l’intérieur conserve un traditionalisme certain.

On pourrait croire l’idylle sans nuage, mais il n’en est rien. les étriers rouges sont jolis, mais ils n’offrent pas plus un meilleur freinage que la couleur rouge ne rend votre voiture plus rapide. Sur la Q4, ils sont sous-dimensionnés. La voiture pèse un âne mort (1 545 kilos à vide). Poids qui est effacé en courbe par le châssis, mais qui est rappelé par la physique à chaque pression de la pédale de droite gauche. Au point de se faire peur et nous obligeant par conséquent, à anticiper avec doigté.

Oubliez les circuits, l’Alfa Romeo Giulia Q4 Veloce est une GT. Une belle GT. Une GT fougueuse. Une GT, capable d’avaler des kilomètres et des litres de sans-plomb. Car la belle italienne est portée sur la boisson comme une américaine. Comptez 13,5 litres pour faire 100 km. Certes en appuyant un peu, en jouant de l’accélération. Mais tout de même.

Entre modernisme et tradition… Bref c’est pas high tech

Mais tout n’est pas rose : la finition n’est pas à la hauteur des 63k € demandés : les commodos sont moyens, l’accoudoir bien placé est fixe, les énormes palettes sont désagréables au toucher (mais tombent sous les doigts), l’écran est une blague et l’ergonomie imbitable.

Entendons-nous : la Giulia mise sur le plaisir de conduire. Vous oubliez les écrans, les téléphones, les menus et sous-menus. Vous posez les mimines sur le volant et vous conduisez. Dans l’idée, l’écran et les commandes vocales suffiraient. Mais, il y a un mais, puisque je viens d’écrire « mais ».

L’écran est petit. Suffisant pour les indication GPS façon TomTom 935 de 2012. Mais dans une volonté d’un dessin qui le fait disparaître de la planche de bord, les responsables du design intérieur ont cru bon (à tort) de l’intégrer sous une plaque de verre légèrement dépoli. Le résultat est un reflet qui s’oppose au rendu mat initial.

Ce n’est pas tout. Alfa a, probablement après plusieurs plaintes des journalistes et requêtes des utilisateurs, rendu cet écran tactile. Mais il est petit donc, trop loin de la main du conducteur et pas réactif pour un sou. Il reste la solution de départ : une molette multidirectionnelle qui permet de jongler entre les menus.

Yipikayé ? Non pas Yipikayé du tout. Allez donc naviguer dans Apple CarPlay ou Android Auto avec une molette. C’est un enfer sans nom. Moralité, il faudra tout régler en amont ou être accompagné d’un italien ou d’une italienne, qui vous indiquera la route les doigts pointés vers le ciel.

Une vie de couple à l’italienne

Les gens du sud, l’accent chaud, le sang bouillant. La Giulia affirme ses origines à tous les niveaux.

La caméra de recul affiche le bout du pare-chocs et suffit. L’avantage d’une berline, c’est que les angles morts sont peu nombreux.

Le rayon de braquage est identique à celui d’une voiture électrique. Ma Model Y braque aussi mal. C’est dommage, mais qu’importe que deux portes même, il est facile de s’y adapter.

Le coffre a du volume, mais l’ouverture est digne d’un entonnoir. Un entorouge dans le cas présent (la couleur, la blague, pardon). Les ingés ont dû faire un pari : non seulement y entrer une valise relève d’un tour de magie, mais le Subwoofer Harman de l’option à 2,5k € est hyper exposé car positionné en partie haute de la malle arrière. Bref, ne pensez pas partir avec des mômes. La routière est destinée aux couples qui, accessoirement, peuvent ramener deux amis une fois sur place.

Sur la banquette 2/3 – 1/3, l’espace est moyen; les jambes touchent rapidement l’arrière du dossier en face si le conducteur mesure 1m80. L’inclinaison des dossiers ne plaira pas à tout le monde. J’ai oublié de shooter les photos avec les sièges auto mais comme d’hab, l’espace aux jambes est limité et votre cosy touchera le siège avant. Rien de grave cependant. Pour les mômes, il y a le Stelvio ou le Tonale.

Un retour plus long que prévu pour cause du shooting

Sur le chemin du retour du parc presse. Il est 14h57 du matin et je n’ai pas encore mangé. J’ai des réserves me dis-je lorsque la vue de Créteil Soleil me donne des envies de shooter sur le parking. Pas totalement con, j’avais pensé à prendre mon matériel photo avec moi. Je suis aidé par cette lumière rasante dont le bleu hivernal relève parfaitement le rouge Alfa de cette Giulia Veloce. J’adore le mot Veloce, comme une bête qui, bof on s’en fout.

La belle italienne prend la lumière comme jaja. Au fond, la ville qui s’éclaire petit à petit génère des halos de vie. Nous sommes à quelques jours des fêtes de fin d’année. L’aura (Pausini) générale est au top et j’en oublie la faim dans mon estomac comme dans le monde. J’enchaîne les clichés car peu importe l’angle, la Giulia en jette. Le léger restylage a intensifié le « regard » délivré par les feux. Plus vénère, l’italienne se donne des airs de 159.

Le profil mime quelque peu la BMW Serie 3 d’après des gens qui ont un mauvais ophtalmo… Le reste est un habile mélange de formes organiques et de lignes tendues. Pas besoin de coller un spoiler en carbone à l’arrière et des jantes de 21 pouces pour se donner de la prestance.

Le reste de la ligne est du même acabit : de vraies sorties d’échappement correctement proportionnées, un énorme capot capable d’abriter un V6 Féfé comme on dit, ou comme ici, un 4 cylindres de 2.0 L délivrant 280 chevaux italiens, sans Gomina (pas facile celle-ci). Je fais des centaines d’images et tout angle offre l’opportunité d’un beau cliché. La Giulia est belle. Ce n’est pas subjectif. C’est un fait !

Ce sont la nuit et ma vie de famille qui me ramènent à la réalité. Il y a une expression italienne qui dit : « Non vedo l’ora! » et qui se traduit par « je n’ai pas vu Laura ». C’est exactement ce qu’il s’est passé.

J’aurais dû rentrer plus tôt pour finir mon boulot, tant pis, ce sera une longue nuit studieuse. Je suis content des images, c’est assez rare (le Novichock en fait souvent les frais).

Achetez-la ou conduisez-la, cette Alfa Giulia, pendant qu’elle est là

Des voitures qui filent la banane, qui donnent la pêche c’est fort de fruit qui dégagent quelque chose, ça ne court pas les rues. Alfa a réussi. Évidemment, vous aurez envie de la version Quadrifoglio, du V6, des 510 ch. Et si le budget est là, il y a fort à parier que vous n’aurez aucun regret (et l’Etat non plus compte tenu du prix de la CG et du malus).

Mais cette version Q4 suffit. Elle donne du plaisir, de la puissance et du kiffe frérot.

Il reste un point toutefois à mentionner : la fiabilité. Parce qu’on pense tous qu’Alfa Roméo est moins fiable que moi sur un horaire à respecter. Que nenni ! Selon J.D Power, qui classe les marques par une moyenne du nombre de problèmes sur 100 véhicules, non seulement Alfa trône dans le top 3, mais en plus, la marque italienne se paie le luxe de ne pas avoir perdu de place entre 2022 et 2023 et s’affiche même devant Toyota.

Vous me direz, compte tenu du nombre de ventes, ils ont le temps de s’appliquer à l’usine. Oui c’est une boutade. Enfin oui et non, parce que même Stellantis sur le site officiel préfère parler de pourcentage plutôt que d’évoquer un nombre réel.

Enfin, il existe bien un moteur diesel compatible, mais on toucherait alors au blasphème, ce qui n’aurait plus rien de divin.

Si vous avez aimé l’essai, sachez que mes aventures au jour le jour avec cette Giulia sont à retrouver sur le thread dédié :

Les notes après la galerie récapitulative des photos.

Toutes les photos de l’Alfa Romeo Giulia

On aime

- Le design Alfa.
- La couleur Alfa.
- Les jantes Alfa.
- Le logo Alfa.
- Le plaisir.
- Le châssis.
- La boîte.

On aime moins

- Ergonomie chelou.
- Conso violente.
- Freins pas assez puissants.
- Prix.
- Ce n'est pas la quadrifoliguiliglio.

L'avis de l'équipe Hoonited
La note de l'équipe Hoonited
La note du public
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Couleur
10
9.9
Extérieur
10
9.7
Jantes
10
9.8
Intérieur
8.5
7.8
Performances
8.0
7.4
Consommation
4.0
5.2
Châssis
10
8.5
Prix
5.0
6.3
Assumerais-je de rouler avec ça ?
10
9.3
Bottom Line

Vous n'avez plus de gamins en bas âge, vous aimez conduire, vous détestez les tablettes en voiture, vous voulez que vos yeux brillent autant dehors que dedans, la conso n'est pas un souci, vous voulez cruiser tranquille plutôt que d'arsouiller sur circuit, alors achetez cette Alfa Giulia Q4. Ou une Tesla. Oh ça va je rigole !

8.5
La note de l'équipe Hoonited
8.2
La note du public
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Le Stagiaire
Nourrit à base d'huile de tournesol 15W40 et de chips Vico, le stagiaire n'a pas de nom, parce qu'il ne le mérite pas. Il nettoie les locaux virtuels de Hoonited et entre 2 coups de serpillère virtuelle, il écrit des trucs et taxe des voitures pour les essais.